Evasion – Avec ses neuf sites classés à l’UNESCO, le Maroc est un musée d’architectures. Les paysages du Royaume sont un mélange de constructions traditionnelles et colonialistes où l’on peut lire l’histoire du pays.

C’est une architecture plurielle. Au gré des peuples qui ont foulé ses terres, le Maroc s’est construit en suivant les techniques et goûts de chacune des cultures qui y ont prospéré. Berbères, Espagnols, Portugais, Français: c’est cette richesse historique que l’on retrouve dans les villes du Royaume.

Ouarzazate, la porte du désert

Les berbères ont été les premiers a laisser leurs empreintes. Au sud du pays, les médinas, casbahs et palais sont construits en terre cuite. «C’est une architecture écologique, admet Imane Bennani directrice de l'école d'architecture de l'université de Rabat, dans laquelle les décorations sont sur les façades et les motifs sur les tours.» La casbah de Taourirt à Ouarzazate est l’une des plus belles réalisations. Pour les ksour, rendez-vous dans la vallée du Drâa.

Illustration Ouarzazate

L'architecture de Ouarzazate est typique de celle des Berbères. D. Young / Flickr

Fès, le berceau arabo-musulman

Les XIIIe et XIVe siècles marquent la période faste de la deuxième ville la plus peuplée. A l’époque, c’est la dynastie marocaine des Méridine qui règne sur la ville. «L’architecture y est fine et très colorée», admet Imane Bennani. «La médina est exceptionnelle», renchérit Mouna Mhammedi, responsable du département patrimoine de l’Ecole nationale d’architecture à Rabat. De cette époque, la ville a conservé la mosquée Hamra, le palais royal et le quartier d’El Jedid.

Le palais Royal de Fés, témoin du passage des Mérinides.

Le palais Royal de Fés, témoin du passage des Mérinides. SUPERSTOCK / SIPA

El Jadida, le port portugais

Viennent ensuite les périodes de colonisation, en commençant par celle des Portugais. Au début du XVIe, ils construisent la cité portuaire de Mazagan, aujourd’hui El Jadida. «Ils ont édifié une forteresse, puis une ville fortifiée», détaille Charles de Ranger, président d’El Jadida Accueil, association d’expatriés francophones. Autres constructions lusitaniennes toujours visibles, l’église de l’Assomption et la citerne.

Vue depuis les remparts de la forteresse érigée par les Portugais.

Vue depuis les remparts de la forteresse érigée par les Portugais. Jacopo Romei / Flickr

Tétouan, la perle espagnole

Quatre siècles plus tard, les Espagnols sont aussi venus s’établir au Maroc. Capitale du protectorat, Tétouan a gardé des traces du passage des Andalous, communauté la plus présente. «Ils ont construit un quartier, l’Ensanche, à l’image des villes espagnoles, décrit Mouna Mhammedi. L’avenue Mohammed V expose une architecture typique faite de moucharabiés, balcons, tours et corniches.»

Immeuble colonial dans le quartier de l'Ensanche. à Tétouan.

Immeuble colonial dans le quartier de l'Ensanche à Tétouan. SUPERSTOCK / SIPA

Rabat, la cité du XXe siècle

La France aussi a bâti des projets sur les terres marocaines. On qualifie la capitale de laboratoire de ville moderne. Au début du XXe, le maréchal Lyautey a pour ambition de construire une ville «avant-gardiste, tournée vers la verdure», explique Imane Bennani. Pour cela, de vastes jardins sont implantés comme celui du Belvédère ou de l’Agdal. Le Maroc, terre d’Histoire architecturale ne cesse de se reconstruire. Dernier projet en date: celui de la marina de Casablanca, un pôle ultra moderne qui verra le jour courant 2016.

La cathédrale Saint-Pierre de Rabat a été construite par les Français.

La cathédrale Saint-Pierre de Rabat a été construite par les Français. Mustapha Ennaimi / Flickr

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