«Si nous parcourons tous les escaliers de Valparaiso nous aurons fait le tour du monde», écrivait le poète Pablo Neruda. Cette ville à taille humaine, construite sur plusieurs collines face à l’océan Pacifique, a servi de point d'attache aux marins et voyageurs du monde entier au XIXe siècle. De cet âge d’or, la cité chilienne a su garder son charme particulier et son attrait pour les visiteurs.

«Les escaliers sont transformés en touches de piano»

Se balader dans le dédale de ruelles escarpées et sinueuses de la «Vallée Paradis» revient un peu à flâner à travers un musée d’art naïf. «Tout est couleur. Et c’est la vie qui semble plus douce tout à coup», s’enthousiasme Christophe Saboureau, bloggeur en plein tour du monde. Les toits en tôle et les maisons déformées forment une palette multicolore: du bleu, du rouge, du jaune, de l’orange ou encore du rose égaient la ville portuaire. Au départ, les habitants se servaient des pigments laissés par les marins pour repeindre leurs façades. Une tradition centenaire qui n’a jamais quitté la cité chilienne.

Illustration Valpo

La vieille ville de Valparaiso est recouverte de dizaines de graffitis.

Une autre particularité de «Valpo» est que la capitale culturelle du pays est recouverte d’œuvres de street art, signes des nombreuses et anciennes revendications sociales et politiques de cette ville bohème. «Les murs parlent, continue le voyageur. Certains escaliers sont transformés en touches de piano. D’autres ont chacune de leurs marches peinte d’une couleur différente ou sont couverts de messages poétiques.» A Valparaiso, «le passé est toujours d’actualité», admet Mathieu Guillouzo, auteur d’un guide indépendant sur la ville et de chilivoyages.com.

Des funiculaires typiques

L’architecture XIXe du «joyau du Pacifique» est un témoin de l’âge d’or de la ville. Déclarée patrimoine de l’humanité en 2003, Valparaiso concentre plusieurs édifices typiques de cette époque. L’ancienne école navale perchée sur le cerro (colline) Artilleria offre «un point de vue spectaculaire sur la ville et sur le port», décrit Mathieu Guillouzo.

Mais l’attraction la plus célèbre et pittoresque  reste encore ses «petits funiculaires à flanc de colline qui montent et descendent les passants depuis plusieurs générations», selon Christophe Saboureau. Le  premier fut construit en 1883 et la petite ville en compte maintenant une quinzaine qui sillonnent son urbanisme singulier. Pour profiter au maximum de Valparaiso, Mathieu Guillouzo conseille simplement de «marcher, flâner, se perdre dans les collines, prendre les funiculaires. Chaque point de vue vous dévoilera un nouveau visage de la ville.»