La mode du running bat son plein. Il n’y a qu’à voir la prolifération du nombre de courses organisées en France: plus de 5000 chaque année, selon une estimation LSA en 2013. Et c’est presque à une propagande des marques de sport à laquelle on assiste… «Si tu peux courir 1,6km, fais une course, cours un marathon. Just do it (Fais-le, ndlr)» ou «Si tu peux courir les magasins, tu peux courir ce matin», clame Nike.

Attention aux risques

Motiver les troupes, c’est bien, d’autant plus que des scientifiques de l’université de Cambridge ont prouvé en janvier dernier que le manque d’activité physique cause deux fois plus de décès que l’obésité. Mais cela n’exclut pas les risques de blessures. «Je me suis fait une élongation au semi-marathon de Paris en 2014 qui m’a empêchée de participer au marathon de Paris 2015. J’étais trop fatiguée, j’ai trop tiré sur la corde, j’ai abusé», témoigne Karine Le Marchand, animatrice accro à la course à pied.

Selon l’étude «Reasons to Run» d’Asics, réalisée en 2009 par l’institut international Synovate, les Français sont des coureurs tellement «heureux» qu’ils sont très détendus dans leur pratique sportive et ne prennent pas de précautions contre les blessures. «La plupart des gens se préparent avant de prendre le départ d’une course. Mais la blessure peut arriver sur quelqu’un qui s’est bien entrainé», explique Marilyne Berthet, kinésithérapeute de l’Equipe de France de trail.

Pour éviter son apparition, il faut ainsi écouter son corps… En 2007, une campagne Reebok en avait d’ailleurs bien saisi l’importance et sermonnait: «Arrête de courir avant de t’écrouler. Run Easy.» Si les accidents subsistent, les blessures relèvent plutôt de la «bobologie du type entorse», assure Jean-Marc Fresnel, président de la course Paris-Versailles.

De l’entrainement aux compétitions

Toutefois, «il ne faut pas arriver sur une course la fleur au fusil, on peut se faire des claquages, des tendinites, etc. Plus on court, plus on apprend à connaître son corps et jusqu’où on peut le pousser. Le psychologique fait aussi une grande part dans toutes les courses. C’est 50/50», raconte Maud Gobert, athlète sacrée championne du monde de trail en 2011. Ainsi, Harriette Thompson, une Américaine de 92 ans, a bouclé le marathon de San Diego le 31 mai dernier. Si la nonagénaire n’en est pas à son premier, elle démontre qu’avec un peu d’entrainement et une bonne hygiène de vie, la course à pied est accessible au plus grande nombre.

«Des parcours d’une dizaine de kilomètres peuvent facilement être réalisés par qui fait régulièrement une activité sportive. On parle de quelqu’un qui s’entraine deux à trois fois par semaine», précise la kinésithérapeute. Un avis qui rejoint les résultats d’une étude menée par des chercheurs de l’hôpital Frederiksberg de Copenhague. Publiée en février dernier dans la revue Journal Of American College Of Cardiology, elle observe que 2h30 d’efforts par semaine répartis sur trois séances sont les conditions optimales de la pratique du jogging.

Des facteurs décisifs

«Lorsque l’on courre, le facteur le plus important c’est la météo, alerte Jean-Marc Fresnel. La chaleur et la pollution influent. Et si l’on est en forêt, le taux d’humidité peut être dangereux car il assèche beaucoup.» De fait, adopter une tenue adéquate s’avère également très important quand il s’agit de courir. Comme dans la vie en général, dans le running il ne faut donc «pas brûler les étapes. Tout le monde peut le faire, il suffit de s’en donner les moyens», conclut Maud Gobert.