Une fois qu’on a mis un pied dans la machine running, difficile de s’arrêter. Si vous aimez vous fixer des défis, vous avez déjà dû partir en petite foulées vers la pratique du trail. En 2014, les traileurs étaient 313.500 sur 1,65 million de coureurs ayant pris au moins un dossard pour une course selon la Fédération française des industries sport et loisirs (Fifas).

Et comme si courir sur les cailloux, à flanc de montagne ou dans les sentiers bucoliques ne suffisait pas, ces courses dites «nature» se pratiquent également lorsque brille la lune. Néanmoins, négocier le virage du trail diurne au trail nocturne demande une certaine préparation. «Courir la nuit, ça n’a rien à voir, prévient Romain Houzé, responsable du pôle running au sein d’Extra L’agence qui gère l’organisation des courses Saintélyon et Lyon Urban Train by Night. Il est nécessaire de s’entraîner à courir de nuit car les repères ne sont pas les mêmes. Il y a de grosses différences d’appréhension du terrain. La vision, les appuis, tout le mécanisme du corps… On ne doit pas découvrir ces nouveautés le jour de la course.»

Ne pas lésiner sur l’équipement

Et ce n’est pas l’athlète Nathalie Mauclair, double championne du monde de trail (2013 et 2015) qui le contredira: «La nuit tout est plus feutré, les bruits ne sont pas les mêmes, on entend les chouettes, nos impressions et nos sensations sont différentes… L’équipement aussi, une lampe frontale est indispensable.» Le choix de cette dernière est loin d’être anodin, puisqu’il s’agit avant tout de garantir sa sécurité lors de la course. «Certains préfèrent une lampe fixée sur leur sac ou sur leur plexus, mais c’est assez marginal. La frontale est devenue un standard. C’est un outil, pas un accessoire, qui ne doit pas tomber en panne, doit être robuste, et éclairer en fonction des besoins», explique Alexandre Autexier, responsable marketing opérationnel chez l’équipementier Petzl.

Côté vêtements et accessoires, là encore, une attention particulière est requise. «Il est préférable d’avoir plusieurs couches respirantes et amovibles sur le haut et le bas du corps: un tee-shirt manches courtes avec des manchettes par exemple. Pour la veste, n’oubliez pas de mettre une pièce rétro réfléchissante sur le textile et, pourquoi pas, prévoir deux types de baskets en fonction du terrain, notamment si vous êtes confronté à de la neige ou du verglas comme ce peut être le cas sur la Saintélyon», conseille Romain Houzé.

Enfin, dernier point essentiel, assurez-vous d’avoir correctement fait votre sac. La couverture de survie est obligatoire et le coupe-vent contre la pluie peut toujours servir. «Couvrez-vous aussi les extrémités. Des gants pour les mains, un bonnet pour la tête et un tour de cou. C’est facile à enlever et peu encombrant si vous devez les retirer et les mettre dans vos poches, car si la nuit on a une notion de fatigue plus importante et qu’on ressent plus le froid, il ne faut pas non plus être trop couvert», note la championne. Quelque soient vos choix, assurez-vous de tester l’intégralité de votre matériel lors de vos entraînements pour ne pas être surpris ou gêné par celui-ci le jour J. «Le mieux c’est de faire une ou deux sortie équipé comme si vous étiez le jour de la compétition», précise Nathalie Mauclair, vainqueur de l’Ultra-trail du Mont-Blanc 2015.

Etre à l’écoute de son corps

Les trails de nuit sont éprouvants pour le corps, notamment parce que les distances proposées dépassent presque systématiquement les 20 km. La nutrition lors de la course est un élément capital sur lequel se pencher en amont. « Le corps n’est pas habitué à manger la nuit. Les problèmes de digestion se font plus sentir que sur une course de jour », affirme le responsable du pôle running au de l’agence Extra. Il faudra donc vous alimenter un peu plus que d’ordinaire sur un trail nocturne.

L’athlète conseille de «prévoir 10 à 20% de plus par rapport à une même distance de jour. Il faut manger régulièrement et en petite quantité et surtout ne pas s’arrêter trop longtemps au ravitaillement! C’est tentant de se laisser distraire, de se réchauffer, mais c’est difficile de repartir, il faut rester concentré sur sa course et le fait d’aller au bout.» D’autant plus qu’il vous faudra gérer votre sommeil et votre fatigue! «Le corps n’est pas habitué à faire une nuit blanche, surtout si elle est physique. Il est nécessaire de bien se reposer avant et de faire une sieste l’après-midi pour être le plus en forme possible», conclut Romain Houzé.