10,8 milliards d’euros. C’est ce qu’a rapporté le marché du sport en France en 2014. Une hausse de 3% par rapport à l’année précédente, en partie due au boom du running selon le groupe NPD. Si la vente de baskets y est pour beaucoup, c’est aussi grâce au textile, en perpétuel développement, que les chiffres se portent aussi bien (+1%). «Quand je suis arrivée il y a quatre ans, les grands équipementiers et les marques sportives basiques proposaient des gammes classiques, pas très fun. Depuis, il y a eu une évolution hyper importante. Ca c’est modernisé, rajeuni. Le textile devient de plus en plus technique et sympa à porter», raconte Marie Poirier, rédactrice en chef du magazine Jogging International. Et de nouveaux acteurs entrent dans la course…

Une image attrayante

5,9 millions de Français pratiquent la course à pied, dont 20,7% des 25-34 ans selon une étude Esprit Running Caisse d’Epargne datant de mars 2013. C’est eux que des marques de prêt-à-porter comme H&M, Oysho ou Undiz ciblent en priorité. «Nous n’avons pas la prétention de dire que l’on fait un produit pour la compétition. Nous avons appelé la gamme ‘’Undiz Training’’, c’est pour faire du sport pour s’entraîner… Se lever le dimanche matin, quand on n’a pas forcément envie, qu’on n’est pas un grand sportif mais c’est ce qu’il faut faire pour respecter son corps. On propose donc un produit sympa, qui donne envie de courir», explique Sébastien Bismuth, directeur général d’Undiz.

Les marques de mode veulent s’installer dans la tendance de la course fun et ludique, telle la Color Run, l’Electric Run ou la Bubble Run. Elles s’adressent à un public plus pointu, plus «fashion» et surtout plus jeune et très féminin. La dimension de style est devenue extrêmement importante. Les modèles se font plus sexy, les coupes sont «fitées» et plus près du corps. Directement liée à l’évolution du sport, l’offre s’est naturellement adaptée à la demande. «C’est un sport qui dégage des valeurs positives et saines. Le running c’est la simplicité et la liberté absolues. C’est un  message sympa à transmettre pour les marques», décrypte Marie Poirier.

Un intérêt économique

Au-delà du côté «cool» véhiculé par la discipline, l’offre grandissante de textile dédié au running est directement liée aux gros bénéfices que les industriels espèrent en tirer. Naturellement, certaines marques de sport s’intéressent désormais aux runners. «Le running représente un énorme marché. A la base, Icebreaker ce sont des produits techniques en mérinos pour l’outdoor. Mais nous avons évolué vers le trail puis le running avec un textile mélangé avec du Tencel, du lycra et du nylon pour travailler le zoning et le look», détaille Sandrine Blanc, responsable grands comptes Icebreaker France.

La marque néo-zélandaise, dont le centre de design est situé à Portland (USA) à côté de Nike, a suivi la tendance, boostée par l’omniprésence du fitness dans la société. Et c’est en Europe qu’elle se développe le plus. «En France notamment, notre première stratégie est de nous implanter chez les détaillants spécialisés running comme i-run.fr avec qui l’on travaille depuis deux ans déjà», poursuit Sandrine Blanc. Et à 79€ le tee-shirt (d’un confort et d’une technicité assez remarquables), les profits escomptés sont importants.

Du côté des nouveaux arrivants, les prix sont en chute libre. «La pratique du sport s’est démocratisée et tout le monde n’a pas envie de dépenser 100€ chez Nike ou Adidas pour s’habiller! Ni d’aller chez Decathlon, qui apporte le côté technique mais pas mode. Il y avait un vrai créneau, une niche à occuper, pour amener un produit qui répond aux bases de la technique (respiration, maintien) avec un côté mode et un prix accessible (autour de 20€)», conclut le directeur général d’Undiz.