«Je n’arrive pas à comprendre comment tu peux aimer courir!» Quel joggeur n’a jamais entendu un proche lui asséner cette phrase? Si les amateurs de running continuent la course à pied et y trouvent du plaisir, ce n’est pas par masochisme. Il existe différentes explications physiologiques et psychologiques.

«Au démarrage d’un jogging, on constate qu’il y a d’abord une période de douleur qui concerne les premières minutes puis les effets positifs de la course à pied se font sentir. Le coureur dit même percevoir une sensation de bien-être», explique le professeur Pierre Rochecongnar, médecin du sport et ancien président de l’Institut de médecine du sport. Entre l’effort physique en continu et la transpiration, difficile pour ceux qui ne pratiquent pas ce sport de l’associer au bonheur.

Pourtant,  il est prouvé que le cerveau met en place un système de récompense. «Le système nerveux central libère des endorphines, les hormones du plaisir. Ce sont elles qui procurent la sensation de satisfaction.» Si les coureurs ressentent le besoin de courir plusieurs fois par semaine, c’est pour retrouver ces sensations agréables.

Des facteurs psychologiques et sociaux

Au-delà des stimulations physiques positives, l’assiduité des runners s’explique aussi par des bénéfices psychologiques. Le docteur Patrick Mignon est sociologue du sport et a beaucoup travaillé sur le phénomène d’addiction. Selon lui, le coureur, s’il est bien dans ses baskets, est aussi bien dans sa tête.

«Après une course, passé le cap douloureux des courbatures, le joggeur est content de lui. C’est un véritable moteur de se sentir fier» explique le chercheur. A l’image de certains qui partent se promener en forêt pour réfléchir, courir permettrait également de se vider la tête. «C’est un effort continu sur une longue durée, comme la marche. La course à pied peut prendre une valeur méditative. Quand on court, on s’écoute penser, on sent son corps.»

S’ajoute un facteur social pour ceux qui courent en couple ou avec un groupe. «La course n’est pas qu’une pratique individuelle. Il y a toute une sociabilité autour qui inscrit le coureur dans un groupe», poursuit Patrick Mignon. Le running à plusieurs fait appartenir le coureur à une tribu. Une fois qu’il a trouvé sa place dans le cercle de sportifs, il ne veut plus en sortir. Un moyen de rester motivé, sans pour autant en faire trop.

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