De plus en plus populaire chez l’adulte, la course à pied rassemble également dès le plus jeune âge. En témoignent les nombreuses courses, telles les Running Days du Figaro, le marathon de Paris ou la Spartan Race qui déclinent leur formule en les adaptant aux enfants. Le règlement de la Fédération française d’athlétisme étant très strict, les petits de moins de 9 ans ne doivent pas parcourir plus d’1 km, ceux âgés de 10 et 11 ans n’excéderont pas les 2 km, enfin s’ils ont 12 ou 13 ans, ce sera 3 km maximum.

Un sport peu contraignant

«Ca justifie un avis médical pour savoir si l’enfant a un bon alignement articulaire et si tout va bien sur le plan cardiaque. Les contre indications sont rares car, en dehors de ces points, c’est le sport idéal», intervient le pédopsychiatre Stéphane Clerget. L’endurance serait donc le remède à l’épidémie d’obésité annoncée dans les quinze prochaines années. 15% des enfants français sont en effet en surpoids ou obèses selon une publication de l’OECD datant de mai 2014.

«Le running est un sport assez flexible, peu contraignant, simple car il n’y a pas de mouvement spécifiques à réaliser comme en natation par exemple. C’est aussi une activité peu onéreuse qui calme les tensions et les anxiétés grâce à la sécrétion d’endorphines», poursuit le médecin. Bref, c’est idéal, et les parents l’ont bien compris.

Des parents demandeurs

«Ce sont les parents qui poussent les enfants, parfois très jeunes. Beaucoup venaient en famille pour notre course, les petits sans dossards… On a donc proposé une course d’1km spécifiquement pour les enfants il y a cinq ans», raconte Anne Bergougnoux, directrice de l’association Odysséa. Encourager sa progéniture à la pratique d’un sport ne date pas d’hier. Tout le monde peut aisément se souvenir d’avoir été forcé d’aller au judo alors que ça sentait les pieds, ou à toute autre activité sportive "parce que c’est bon pour la santé et que ça défoule."

Et ce n’est pas Charles, papa d’un petit Camille âgé de 9 ans, qui dira le contraire: «J’ai inscrit mon fils au Mud Day parce que je voulais qu’il se bouge un peu les fesses! Les obstacles, l’échauffement fun, la boue sont autant de distractions et de ruptures de rythmes. C’était une façon ludique de le mettre au running.» Et ce n’est pas pour leur déplaire puisque Camille a trouvé ça tellement facile qu’il rempile pour la Spartan Race le 19 septembre prochain!

Des athlètes miniatures

«On a toujours peur sur les départs des courses enfants. Ils sont très compétiteurs et prêts à écraser le voisin! (rires) Ils partent comme des bombes et ont tous envie de gagner, du coup on les contient d’abord pendant 200 mètres derrière une ligne d’athlète», explique Anne Bergougnoux. Repousser ses limites, être fier de sa performance, les enfants ont les même motivations que leurs aînés.

Sur les courses solidaires Odysséa, comme sur les autres, podiums, médailles, tee-shirts, échauffements… Tout est calqué sur la version adulte. «La compétition est un moteur. Ce n’est pas un gros mot comme l’école peut le faire croire. On se compare, on se mesure et ça n’empêche pas d’être fair play, d’avoir l’esprit du jeu. C’est bien d’apprendre à se dépasser et de connaître ses limites», souligne le pédopsychiatrique. Et comme «le sport est école de vie», selon l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de football Aimé Jacquet, pourquoi le running ferait-il exception chez les bambins?