Pratique, la natation est un sport accessible à tous et en toutes saisons. Côté motivation, c’est sûr «c’est difficile, il faut se déshabiller, mettre le maillot et rentrer dans l’eau? Ca, c’est le moment le plus dur mais une fois qu’on est lancé, c’est que du bonheur!», explique Alain Bernard. Le champion olympique de natation continue: «On se retrouve dans un environnement complètement à part, on est immergé et, en principe, on ne pense à rien d’autre, on oublie un peu les soucis. Personnellement, j’adore nager le matin parce qu’en sortant de l’eau j’ai l’impression qu’une deuxième journée commence.»

Se mettre en condition

Choisir son moment, vous l’aurez compris, est assez fondamental dans la pratique d’un sport. Et pour plonger en beauté, il est également nécessaire de vous échauffer. «Les gens vont nager de la même façon qu’ils courent, ils arrivent, ils font des longueurs sans forcément compter ou avoir quelque chose de construit», note Alain Bernard. C’est une erreur. C’est d’ailleurs à la suite de ce constat que l’athlète a réalisé quelques vidéos tutorielles sur le «bien nager» en tant que conseiller technique pour la marque Aqua Sphere. «Dans les vidéos, j’insiste bien sur le travail de positionnement qui doit rester le même quoi qu’on fasse, du début à la fin de l’entrainement. Je parle aussi de l’alignement, la respiration et la propulsion», détaille-t-il.

Décomposer sa séance

Mais pour aller plus loin, Alain Bernard nous a confié quelques astuces à mettre en place facilement. En premier lieu, le mieux reste de réaliser des séances d’entrainement de 40 minutes: «5 à 7 minutes d’échauffement, 5 à 7 minutes pour la partie technique et 15 à 20 minutes pour la partie foncière où l’on peut faire des distances plus longues.» La première phase est extrêmement importante, «ça évite tout simplement de se blesser. Je préconise toujours un petit réveil articulaire, tourner les bras, la tête et les articulations», informe le champion.

Ensuite, fractionnez votre effort, un peu comme pour progresser en course à pied. «Au lieu de faire 16 longueurs en bassin de 25 mètres sans s’arrêter, mieux vaut faire quatre fois 100 mètres. Alterner les fois en jambes, les fois en bras, les fois avec matériel.» Car utiliser des accessoires n’est pas tricher et permet, au contraire, de cadencer sa séance afin de ne pas s’ennuyer. «La natation, ça peut être très rébarbatif, et le fait de scinder l’entrainement, c’est plus attractif et finalement plus intéressant. Il ne faut pas mettre palmes, plaquettes ou tuba frontal du début à la fin. Ils permettent de mieux travailler les appuis, d’avoir des repères, et c’est ça qui est agréable. Quand on prend de l’eau, de la vitesse, de la glisse, quand on est facile, c’est toujours plus grisant. On a toujours envie de faire mieux et ces outils nous aident à aller dans ce sens», affirme Alain Bernard.

Formatez votre esprit

Progresser n’est pas qu’une question d’appliquer bêtement des séries d’exercices. Votre mental doit aussi être très impliqué. «En crawl, le bon rythme est propre à chacun, mais il doit être le même du début à la fin de la longueur. Il faut s’imposer un tempo dans la tête, un peu comme si on avait un métronome. De cette manière, en respirant brièvement, au bon moment, il n’y a pas de raison de boire la tasse!», s’amuse l’ex athlète de haut niveau.

Lorsque vous êtres concentré sur votre tâche, le travail ne s’arrête pas aux mouvements. La natation, «c’est beaucoup de psychologique et de représentation. On doit prendre le temps d’analyser. Suis-je bien à plat sur l’eau? Est-ce que je tire bien l’eau de devant vers l’arrière plutôt que de l’emmener au fond du bassin? Avec ce genre de repères, de temps en temps on peut se faire un petit 50m ou 25m en se chronométrant à l’aide des chronos qui tournent dans les piscines. Ainsi on peut savoir si on a progressé et si on se sent mieux dans la pratique», poursuit-il.

Des envies d’évasion

Et si Alain Bernard préfère «nager en piscine, dans une eau calme et très plate, plus facile pour travailler la technique, on peut aussi s’entraîner en lac ou en mer. C’est beaucoup plus agréable parce que ce n’est pas répétitif, on peut se faire une grande boucle ou un petit circuit. C’est bien pour travailler son endurance». Autrement dit, parfait pour ceux qui pensent triathlon. Dans ce cas, il faut simplement investir dans une combinaison de nage intégrale pour ne pas attraper froid!