Trouver l’amour peut s’apparenter à un parcours du combattant ou à une course contre la montre pour certains. Ces métaphores sportives sont d’autant plus appropriées qu’on constate que 15% des rencontres se font dans les lieux publics selon une étude de l’Ined réalisée en janvier 2013. Parmi ceux-ci, les parcs, bois et autres bouts de trottoirs foulés par les runners sont légions.

Une exception dans le milieu sportif

Contrairement à beaucoup de sports, la pratique de la course à pied est mixte. Le rapprochement entre hommes et femmes se veut donc plus aisé. En témoignent les communautés de runners qui se donnent rendez-vous pour des Boost Energy League ou les We Run Nike. «Ma copine fait partie de la Boost Pigalle depuis 5 mois, et moi Sentier depuis 1 an. Je l’ai rencontrée lors de la grande soirée de fin de saison de la Boost Battle Adidas, le 21 février dernier. C’est l’esprit festif et la bonne ambiance de cette compétition entre quartiers qui nous a rapprochés», raconte Anthony, 24 ans.

Cette discipline est également dénuée de tout uniforme. «Dans le running aujourd’hui, il y a une mode, une mise en scène de soi. Désormais les marques proposent de s’habiller pour se faire remarquer. Ca suit le même principe que lorsqu’on achète la nouvelle chemise tendance qui sert à se marquer dans le champ de vision des autres», décrypte le sociologue du sport Patrick Mignon. Les codes de séductions sont là, prêts à être activés.

Quand l’effort rapproche

«Le sport dégage des odeurs corporelles, c’est un élément d’érotisation pour les individus. Il autorise aussi des gestes qu’on ne ferait pas dans la vie ordinaire, des signes de solidarité qui peuvent être admis dans ce cadre et pas dans d’autres», indique le sociologue. C’est particulièrement vrai lors de courses obstacles comme The Mud Day.

«Nous avons un obstacle qu’on ne peut pas franchir sans l’aide de quelqu’un. Parfois, le parcours est un peu dur donc on est obligé de marcher et de parler. Il est clair que les actes de solidarité dans le monde du sport laissent des traces. Quand on a déjà partagé des obstacles ensemble, c’est de bon augure pour débuter une histoire», explique Pascal Quatrehomme, directeur de The Mud Day.

C’est ainsi que Guillaume, 26 ans, a fait la connaissance d’une jeune femme. «Je ne la connaissais pas. On s’est entraidé pendant les épreuves… Le fait d’endurer la même chose rapproche. Du coup, le soir on est allés boire un coup, et ça s’est fait», raconte-t-il. L’histoire ne durera pas plus de trois mois pour cause de «caractères trop différents» malgré «les mêmes centres d’intérêts».

Des valeurs communes

On dit que les opposés s’attirent, certes, mais les similitudes rapprochent également. Beaucoup de personnes courent après l’amour, la montée en puissance des sites de rencontre ces dernières années en est un exemple. Sur ce modèle, Analy Barboza a décidé de co-fonder Run2meet, un site de rencontre pour célibataires sportifs. «C’est hyper motivant d’avoir quelqu’un avec qui se lever le dimanche matin pour aller courir. C’est d’ailleurs le sport qui ressort à chaque fois, plus de 50% de nos membres pratiquent le running», explique-t-elle.

Inscrite pour l’enquête, un jeune homme nous envoie un message: «Tu as l'air très charmante et je vois que tu pratique la course à pied. Cela nous fait un joli point commun! Je serai ravi d'échanger un peu avec toi pour faire connaissance.» Pas de doutes, le concept fonctionne.