Le sport est une activité des plus conviviales. Dans sa pratique, des liens se nouent et laissent place à de franches camaraderies qui mènent souvent à l’épanouissement des pratiquants. En course à pied, de nombreux événements déclinent leur course adulte en version kids afin que parents et enfants puissent partager leur expérience à posteriori. Parmi elles, on compte notamment les Running Days du Figaro, Odyssea, le Go Sport Running Tour, le Marathon de Paris et son Marathoon's, etc. «Ce sont aussi des courses expérientielles comme la Mud Day. Chez Disneyland Paris, on veut créer une course sans séparer les membres d’une famille», intervient Laurent Charbonnier, responsable du projet Run Disney.

Un mot d’ordre: ensemble

Les parcs d’attractions Disneyland Paris vont en effet se lancer dans l’aventure du running en septembre 2016 avec un semi marathon, une distance de 5 km (à partir de 5 ans), mais aussi un 100 m, un 200 m, un 400 m, une course d’1 km et également 2 km. Déjà développées aux Etats-Unis, les courses selon Mickey se basent plus sur l’expérience d’un concept que sur la performance. «Les parcs sont de véritables réceptacles, si j’ose dire, de famille. Disneyland a une certaine légitimité pour parler aux parents, aux adolescents et aux enfants. C’est pour cela que deux tiers des dossards pour les courses seront vendus dans un pack séjour comprenant minimum une nuit dans n’importe quel hôtel du parc, un billet d’entrée pour les deux parcs et un dossard», détaille Laurent Charbonnier. Mis en vente le 13 octobre, ces packs seront bien sûr personnalisables à souhait.

Bien que très marketé, le concept proposé par Disneyland Paris fait déjà des émules. La triple championne olympique Marie-José Pérec, désormais retraitée des pistes, continue de courir mais uniquement pour le plaisir. «J’ai un petit garçon de cinq ans, j’ai envie de faire des choses ludiques avec lui, forcément Disney c’est le top. Le côté famille c’est ce qui me plaît vraiment, aujourd’hui je ne cherche plus du tout la performance, j’ai envie de m’amuser», confie-t-elle.

Rester dans le jeu

Mais attention, pratiquer un sport en famille ne doit pas être un moyen de «satisfaire un désir des parents, alerte le Dr. Marc Kopelowicz, pédopsychiatre responsable du service de l’unité pour adolescents de la clinique du Pays de Seine à Bois-le-Roi (77). Ca doit être un jeu, pas une compétition. La performance ne doit pas être une obligation qui répondrait à une ambition parentale qui pourrait entraver ou venir déranger le développement de l’enfant.»

Laissez donc le côté convivial primer dans la pratique sportive intergénérationnelle. «Le sport est une forme de jeu. Prenez le ping-pong par exemple, on peut y jouer avec son grand-père. Mais il y a d’autres sports qui se prêtent bien à la pratique en famille comme le cyclo tourisme, la randonnée, le badminton et les sports de ballon en général », explique Edmée de Catuelan, présidente de l’association Famillathlon. Depuis 10 ans, elle a pour vocation de réunir la famille autour du sport. «A l’époque, j’avais constaté que notre société avait atteint un stade d’individualisme très poussé. Chacun allait de son côté et pratiquait des activités de façon séparée. C’était du temps qui n’était pas passé en famille», poursuit-elle.

Un outil d’éducation

Dans un quotidien qui va à mille à l’heure, la pratique d’un sport entre frère et sœur, père et fils, marraine et filleul. apparaît donc comme un outil de développement personnel. «Elle peut apporter une cohésion familiale, renforcer et/ou apaiser des liens parents/enfants. Ca peut aussi modifier les places au sein d’une famille en apportant un peu plus d’égalité et ainsi donner de la confiance à l’enfant», décrypte le pédopsychiatre.

«En tant que maman, mais également en tant qu’athlète, je vois à quel point il est important que les enfants fassent de l’exercice, informe Paula Radcliffe, coureuse de fond britannique détentrice du record du monde féminin du marathon. Nous habitons à Monaco, et Raphaël insiste souvent pour aller avec moi dans un parc où l’on peut faire un parcours de santé. Il y a 1.600 m et il fait déjà deux tours!» Edmée de Catuelan n’est pas du tout étonnée par cette attitude: «En ce qui concerne le sport, les parents sont une référence pour les enfants. De plus, c’est un excellent vecteur d’éducation car chaque sport répond à une discipline, et si on ne la respecte pas on ne peut pas pratiquer correctement. Dans la vie, il faut apprendre à respecter les règles et c’est quelque chose de plus facile à comprendre à travers le sport.»