PRATIQUE – Courir, sauter, ramper, se hisser… Il faut pouvoir faire tout ça lors d’une course d’obstacles. 

«La base, quand on prépare une course d’obstacles, c’est déjà de pouvoir couvrir la distance en courant.» Pour le reste, selon Sébastien Desbenoit, rédacteur en chef du magazine Aroo.fr, nul besoin de prendre un abonnement dans une salle de muscu. «Contrairement à un marathon, le but n’est pas de faire un temps à tout prix mais de se dépasser pour atteindre la ligne d’arrivée.» Les débutants ou les retardataires peuvent souffler. En revanche, s’il est question de performer un minimum, commencez plutôt à vous retrousser les manches.

Qu'elles s'appellent Spartan Race, Mud Day ou D-day Race, le défi posé par la centaine de courses d'obstacles prévues cette année en France est, peu ou prou, le même. «L’idée, glisse le spécialiste de l’épreuve, c’est de savoir gérer son endurance, son équilibre mais aussi sa concentration, qui doit rester la même pendant toute la course.» D'où l'importance d'être bien préparé.

Utiliser l'environnement pour s'entraîner

Très musclés, le bootcamp et le crossfit ont particulièrement la cote chez les sportifs endurcis. Solution plus économe, prisée autant par l’élite que par les néophytes, mettre à profit l'environnement. Sébastien Desbenoit en a fait une habitude lors de ses entraînements en extérieur: «Quand, en courant, je tombe sur une bûche, je la porte sur l’épaule pendant quelques dizaines de mètres. En milieu urbain, on peut aussi utiliser les bancs pour faire quelques pompes. Grimper les installations pour enfant est également une bonne façon de travailler l'équilibre, le dynamisme et la tonicité.»

Autant de qualités mises à rude épreuve lorsqu'il faut franchir les obstacles. « De manière générale, la sangle abdominale est très sollicitée. Elle permet de tenir le buste droit pendant la course tout en participant à la coordination des membres», observe Maximilien Feraris, coach sportif et conseiller Slendertone pour l’épreuve de la D-Day Race. Qui ajoute: «Plus la sangle abdominale est forte plus ont peut économiser son corps à côté.»

Pour la renforcer, le coach propose de mixer les déplacements au sol, à quatre pattes, et les gainages. «En plus d’améliorer la coordination de vos mouvements, vous allez vous habituer à travailler votre poids de corps. C'est moins la force que l’endurance de force qui importe dans ce type de course.» Et d'expliquer: «Vous devez être capable de passer d’une épreuve à une autre sans vous arrêter.»

Une difficulté, la récupération

Entrecoupés de cordes, de passages boueux ou de palissades, les parcours n’offrent pas ou peu de temps morts. De l’avis de Maximilien Ferraris, c’est l’un des points les plus délicats lors d’une course d’obstacles: «On ne s’arrête jamais. Le corps doit pouvoir récupérer très vite entre les épreuves.» C'est pourquoi les exercices de préparation doivent  se rapprocher des conditions de course, avec des temps de récupération réduits.

Au lieu d’additionner les séries du même exercice, panachez-les, conseille le coach. «On peut par exemple commencer par une montée d’escalier, enchaîner avec des pompes, des pas chassés, une minute de gainage. Et recommencer.» L’utilité? «En empêchant le corps de récupérer, on va accélérer la création de stocks de glycogène», les sucres qui alimentent l'organisme en énergie.«Ce type d’enchaînement permet de préparer le corps sur la longueur», conclut Maximilien Ferraris.

Quand faut-il commencer à s'entraîner?

A l'image d'une compétition de running, il n'est jamais trop tôt pour suer. Selon son niveau et celui de la course, le coach recommande de commencer à s'entraîner au moins deux mois avant l'épreuve, trois fois par semaine. En prêtant une attention toute particulière à l'hygiène de vie. Et si la véritable épreuve, c'était ça?