COMPÉTITION – Depuis juin 2014, les coureurs de 10 quartiers parisiens s’affrontent dans les rues de la capitale. La finale, qui opposera leurs champions le 21 février dans la grande halle de la Villette, doit les départager.

La Bastille plus forte que Pigalle, Sentier et République? On aura bientôt la réponse. A quelques jours de la finale de la Boost Battle Run, l’équipe du 12e arrondissement et ses 2.000 coureurs maintiennent une confortable avance sur les 9 autres quartiers de Paris lancés dans la course.

Organisée par Adidas, la compétition reprend le principe du palio, créé au 15e siècle en Italie. «Les quartiers de Sienne s’entraînaient toute l’année pour s’affronter dans une course ultime (à cheval). On s’est dit que rendre Paris pour terrain de jeu, et l’associer à l’identité de quartier, de plus en plus forte dans la capitale, faisait sens », explique-t-on chez l’équipementier allemand. Pour ce premier essai, la marque s’attendait à voir courir 1.500, «2.000 parisiens tout au plus». Au dernier décompte, ils étaient plus de 9.000 inscrits.

Neuf mois de compétition en continu

La bataille dure depuis juillet. Pas ou peu d’affrontements en direct. Hormis quelques courses entre champions de quartiers, les soldats du bitume se livrent une guerre rangée. Réunis sur les réseaux sociaux, facebook en tête, les runners gagnent des points pour leur camp en transpirant du kilomètre et en faisant parler d’eux. «Une mention de l’équipe sur les réseaux sociaux, c’est un point. Participer à une course officielle en rapporte 20. Une action créative validée par le jury, 1.000», détaille Camille Pic-Thirion, responsable de la team Bastille.

Depuis son QG du Café de la presse, l’équipe a pris les commandes de la course. Sa première force, le nombre. La team bastille compte quelques 2.000 coureurs, quand les quartiers concurrents plafonnent à 1.100.

Un peu dépassée par les événements, la team leader raconte: «Il s’est produit quelque chose de dingue. Je pensais que j’allais me retrouver avec une quinzaine d’amis, qu’on courrait une fois par semaine et que ça s’arrêterait là. Mais il y a une telle vie de quartier qu’on a commencé à traîner ensemble tout le temps. Il y a un vrai esprit de famille. Même les blessés viennent s’occuper des nouveaux.» On ne sait pas si l'engouement des Parisiens a boosté les ventes de sa dernière paire de baskets, qui prête son nom à l'événement, mais Adidas, qui souhaitait officiellement avec cette course «donner un aspect communautaire à une pratique individuelle», a réussi son coup.

Un final avec 3.000 personnes

Comme toutes les compétitions, la Boost Battle Run se joue aussi dans la tête. Camille décrit la stratégie appliquée à Bastille: «On a fondé une team créative, de 70 membres. Jeu vidéo, zombie run… tous les mois, on réfléchit à ce qui nous ferait marrer et gagner des points. On a tout le temps quelque chose dans les tuyaux.» Dernière trouvaille en date: un atelier broderie, où chacun a pu personnaliser son t-shirt aux couleurs du quartier. Avant l’affrontement final, samedi 21 février, la coureuse en chef avoue en garder sous la semelle: « On attend d’en savoir plus sur le système de points et les différentes courses pour passer la deuxième vitesse. Tout va se jouer là et on a vraiment envie de s’imposer.»

L’ultime run verra les champions des 10 quartiers s’affronter dans 5 courses, seuls ou en équipe. 3.000 spectateurs sont attendus pour les soutenir dans les gradins de la Villette, avant de se retrouver sur le dancefloor. A l’image de la Coupe du Monde de football, le grand vainqueur de la Boost Battle Run ajoutera une première étoile à son t-shirt. Une première, parce que, même si la marque aux trois bandes n’a encore rien confirmé, malgré la fin de cette bataille, il est probable que la guerre, elle, ne fasse que commencer.