Ironman. C’est la première chose qui vient spontanément à l’esprit quand on évoque la discipline qu’est le triathlon. L’Ironman est un long format exigeant pour lequel on enchaîne 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et enfin 42,195 km de course à pied. Un challenge extrême pas accessible à tous et qui ne reflète pas la réalité de ce sport. Contrairement à ce que l’on peut penser, «le triathlon n’est pas un sport d’élite, il est très ouvert. Les confirmés comme les débutants ont la capacité d’en faire un», explique Yves Cordier, ex-triathlète de haut niveau et organisateur de l’Ironman de Nice.

Geneviève Le Bars, membre de la communauté Trail Entre Elles, s’est récemment lancée dans l’aventure lors du Castle Triathlon Series au château de Chantilly. «Je n’avais jamais envisagé de faire un "tri", ce n’était pas dans mes cordes, je ne faisais que du running et puis mon mari m’a tentée… je savais pédaler mais je suis vraiment une mauvaise nageuse car j’ai peur de l’eau depuis toute petite. C’était un gros défi», raconte-t-elle.

S’équiper

Natation Triathlon

Avec ou sans manches, la combinaison de nage est presque toujours indispensable. De plus, elle permet une meilleure flottaison.  M. Buiatti/20Minutes

Contrairement au running, il ne suffit pas d’une paire de basket pour s’aventurer dans un triathlon. Le matériel peut être un frein à sa pratique. Vous pouvez faire avec les moyens du bord mais si vous voulez être au top vous aurez besoin d’une combinaison pour nager (que vous pouvez louer et qui est obligatoire si l’eau est en deçà de 15°C), une combinaison tri-fonction à porter tout au long de la course (il est interdit de se changer dans les aires de transitions), un vélo de route et casque assorti, et les fameuses baskets. «Pour ne rien oublier, il faut visualiser sa course. Et se faire un petit mémo, une liste des essentiels pour arriver au bout», indique Hervé Delaunay, organisateur du triathlon Audencia La Baule dont la prochaine édition aura lieu les 19 et 20 septembre 2015. Evidemment, mieux vaut tester votre équipement avant de vous lancer.

Choisir sa distance

Combiner les efforts n’est pas insurmontable, néanmoins jaugez vos capacités avant de vous lancer dans une distance. Caractérisée par des lettres, comme pour le prêt-à-porter, on en trouve du XS au L. Novice, Geneviève décrypte: «Le mieux c’est de commencer par une petite distance, un S, ou un format découverte. Lors du triathlon à Chantilly, je me suis rendue compte qu’il y avait des compétiteurs, comme partout, mais aussi beaucoup d’amateurs venus, comme moi, pour relever un challenge. Il ne faut pas avoir honte de son niveau. Bien sur, il y en a qui vont nager comme des dauphins, mais il y en a qui brassent aussi.»

Qu’est ce qu’un "pass journée"?

Si vous ne faites pas partie d’un club de triathlon, vous n’avez surement pas de licence. La fédération française de triathlon FFTRI a ainsi mis en place des "pass journée". «Il sert à vous assurer le jour de la course, c’est hyper important et obligatoire», prévient l’organisateur de l’Ironman de Nice. En général, son prix est inférieur à 10€.

Visualiser le parcours

Aller reconnaître le terrain peut vous avantager le jour de l’événement, dans le pire des cas, utilisez Google Map. Dans quel type d’eau allez-vous nager? Y-a-t-il du courant? La bouée doit-elle se contourner par la gauche ou la droite? Dans le parc à vélo, où dois-je rentrer? Ressortir? Voici quelques questions auxquelles il est préférable de répondre avant le jour J. «Ca permet de se rassurer, d’être en confiance», note-t-on au triathlon Audencia La Baule.

Penser au ravitaillement

De l’énergie. Beaucoup d’énergie. Vous allez vous dépenser et vous ne devez pas «être tributaire du ravitaillement de l’organisation, affirme Yves Cordier. En amont du triathlon, testez des barres ou des gels comme moyen de nutrition pour voir s’ils vous conviennent afin de les utiliser le jour de la course. Et surtout, surtout, pensez à votre hydratation.» Un triathlon, ça ne s’improvise pas.

Respecter le marquage

On va vous écrire dessus, sachez-le. «En cas d’accident, si vous n’avez plus de dossard, le numéro inscrit sur votre bras et votre jambe permet une identification rapide», précise l’ex-triathlète de haut niveau. Mais avant d’en arriver là, vous devez impérativement respecter l’affichage de votre dossard et porter une puce à la cheville pendant toute l’épreuve. «Sur une ceinture porte-dossard à trois points d’attache, le dossard est porté dans le dos pour le vélo, et devant en course à pied. Votre numéro est également inscrit sur le bonnet de bain, et sur des étiquettes à coller sur votre vélo et votre casque», poursuit-il.

Organiser ses transitions

Attention, n’oubliez pas que les transitions sont chronométrées. Les professionnels s’y entraînent durement: «On peut perdre des J.O sur une transition, c’est quasiment une quatrième discipline», explique Hervé Delaunay. Lorsqu’on débute on évitera simplement d’y laisser trop de temps. «J’entends souvent des "Oh la la! Le temps que j’ai perdu pour me changer". Si vous avez fait une reconnaissance de terrain, ce sera plus facile, ensuite il faut s’adonner à un petit rituel. Bien positionner ses chaussures, son casque, ses lunettes de soleil», détaille l’organisateur du triathlon de La Baule.

Savoir se placer

«Tout le monde a peur lorsque l’on est sur le départ», Yves Cordier. Et pour cause, la masse de participants peut être très impressionnante quand vient le moment de plonger dans la compétition. «Lorsqu’on est nouveau dans cette expérience, je préconise un côté observateur. Ce qui nécessite de se placer loin du danger, plutôt derrière et sur le côté pour ne pas être dans la mêlée», poursuit-il.

Gérer son effort

«La notion d’effort est extrêmement importante. Il faut bien se connaître pour le gérer au mieux. N’oublions pas que le triathlon est une discipline de type endurant. Ne partez pas trop vite», prévient Hervé Delaunay. Ce serait dommage de se priver du bonheur de franchir la ligne d’arrivée parce vous avez trop forcé sur le vélo et que vos jambes refusent de courir.

Gaffe à l’arbitre

Entree parc a velos Triathlon

Les arbitres vérifient votre équipement à l'entrée du parc à vélos. M. Buiatti/20Minutes

«Avant que mon mari s’inscrive au triathlon de Paris 2015, je ne savais pas que c’était un sport arbitré. On peut prendre des cartons jaunes ou noirs et ça donne des pénalités! Il s’est fait sifflé parce qu’il avait déclipsé son casque avant d’être à l’intérieur même du parc à vélo», raconte Geneviève. On ne plaisante pas avec le règlement, aussi assurez-vous de lire le guide du compétiteur de la course que vous vous apprêtez à relever. «Venant du running, c’est aussi un peu ennuyeux de ne pas avoir droit d’écouter de la musique. C’est un sport qui ne rigole pas quand même! Malgré tout, c'est une bonne expérience que j’ai envie de réitérer», ajoute la débutante.

Ajoutez une petite dose de mental et, bien sûr, un entraînement adapté, et vous serez parés à affronter vos premiers triathlons avec un calme olympien.