CONSO – Nommée Smokio, la première cigarette électronique connectée et intelligente est en vente depuis quelques jours. Cette invention française permet aux fumeurs de suivre et maîtriser leur consommation en temps réel.

Comme des fumeurs en attente de nicotine, on les sent impatients. Alexandre Prot et Steve Anavi ont ouvert les commandes de Smokio, très tard, ou très tôt c‘est selon, dans la nuit du 5 au 6 janvier. Impatients, parce que les deux startupers savent leur cigarette électronique connectée (la seule existante à ce jour) attendue de pied ferme par les gros fumeurs ou vapoteurs. Pour la première fois depuis la popularisation de ce petit cylindre noir en forme de stylo, les avaleurs de fumée et autres vapeurs aux goûts exotiques vont pouvoir mettre des chiffres sur leur consommation. Et se sevrer plus facilement.

Eux ne fument pas, ou alors occasionnellement, leur entourage direct compte néanmoins quelques gros fumeurs et récents vapoteurs. « Des gens autour de nous se posaient des questions sur la quantité de liquide et de nicotine qu’ils inhalaient, ou l’équivalent en cigarettes fumées. Ils étaient un peu perdus, sans réels repères auxquels se fier», explique Steve Anavi. C’est d’ailleurs auprès de leurs proches et des forums d’utilisateurs, très actifs sur la toile, qu’ils ont validé le produit à chaque étape de sa fabrication.

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«On était sûrs que ça existait déjà»

«Geek dans l’âme», un bracelet Jawbone vissé au poignet, ce Parisien de 31 ans se dit fasciné par le concept du gadget utile mais aussi surpris que personne n’ait eu l’idée d’une e-cigarette intelligente avant lui. «Pour nous, cela faisait tellement sens qu’on était sûr que ça existait déjà», insiste son partenaire en affaires. Pourtant, non. Smokio est une première.

Le fonctionnement ce coach électronique aux airs de stylo est identique à celui d'un capteur ordinaire. Depuis sa mémoire interne, Smokio envoie toutes les informations en Bluetooth vers le smartphone (iPhone pour l’instant, la compatibilité Android est annoncée pour février) quand celui-ci est à portée. Rafraîchie en temps réel, l’application mobile fonctionne comme un tableau de bord. De là, l’utilisateur peut moduler l’intensité des bouffées, consulter le niveau de batterie de la cigarette ou celui de sa consommation. Cette fonction «prise de conscience» s’accompagne à l’écran d’un comparatif santé pour le moins convaincant.

L'électronique "made in France"

«D’un regard, observe Steve Anavi, le fumeur sait quelle quantité de goudron il a épargnée à ses poumons, et quel impact positif l’utilisation de la e-cigarette a sur sa santé par rapport à une cigarette normale.» Les produits utilisés dans les bouteilles de e-liquid sont encore nimbés de mystère? Alexandre Prot l’entend, sans désarmer pour autant. «Même si la cigarette électronique est polémique, elle est fabuleusement peu nocive, ou pas du tout, comparée à une cigarette lambda.» L’entrepreneur attribue même au succès de la e-clope la baisse de 7,5% des ventes de tabac en 2013, loin devant les marchés parallèles et la hausse des taxes.

Smokio est proposé à la vente à 79,90€ soit 10 à 40€ de plus qu’une cigarette à puces classique. Les composants, désignés et usinés en France pour toute la partie électronique, ont été choisis avec soin, insistent ses créateurs. La batterie, notamment, devrait tenir la charge plus longtemps qu'un modèle classique. Au final, pour Alexandre Prot, «Smokio est au moins au niveau, sinon mieux, qu’une bonne cigarette électronique, sans compter les bonus intelligents». Avec un marché français de 16 millions de fumeurs, sans compter les 1,5 millions qui vapotent déjà, et un boulevard devant eux, les deux empêcheurs de cloper en rond auraient tort de ne pas croire aux chances de leur produit.

Romain Gouloumès