SANTE CONNECTEE - Maladie chronique, le diabète exige une surveillance permanente sous peine de complications. Des applications mobile ont donc fait leur apparition pour faciliter la vie de ces patients à risque. Pour certains, elles sont devenues aussi indispensables que l'insuline. Témoignages.

Contrôler plusieurs fois par jour son taux de sucre, celui de ses aliments, et bien tout noter dans un carnet: voilà la journée type d’un diabétique. «On s’habitue mais ça change la vie», raconte Pascal B., diagnostiqué diabétique de type 1 en juin 2009.  L’ingénieur de 49 ans doit depuis contrôler sa glycémie quatre fois par jour, avant et après chaque repas, et s’injecter la bonne dose d’insuline. En 2007, Virginie G. développe un diabète de type 1 suite à un choc émotionnel. «C’est un bouleversement total du quotidien», se souvient la secrétaire de mairie de 34 ans.

On leur propose de passer sous insulino-thérapie fonctionnelle (IF ou ITF), synonyme de plus de liberté alimentaire, mais aussi de nombreux calculs. Pascal et Virginie recherchent alors une application susceptible de les aider: ce sera Diabphone Carnet.

Faciliter le quotidien

Lancée au printemps 2013, et destinée à tous les types de diabète, l’application iPhone permet de noter sa glycémie, des commentaires et les jours où l’on fait du sport. Les résultats analysés permettent d’adapter son traitement. « On a voulu automatiser le carnet papier tout en gardant sa simplicité », explique Vincent Melki, diabétologue au CHU de Toulouse et créateur de Diabphone Carnet.

Le programme se révèle rapidement indispensable aux deux diabétiques. « Avant j’avais tendance à oublier mon carnet au fond de mon sac, alors que mon iPhone, je l’ai toujours avec moi », confirme Virginie. L’option ITF surtout, qui permet de calculer les apports glucidiques, facilite leurs repas. « On n’est plus obligé de se couper exactement 120g de pain. Si on dépasse, on peut réajuster. Cela permet de varier les menus et de se faire plaisir tout en restant raisonnable», détaille l’ingénieur.

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Améliorer son suivi

«Parfois, on en a marre d’être diabétique», assène Virginie. Las, elle arrête d’utiliser Diabphone pendant deux mois. Puis, elle passe  du stylo à la pompe à insuline, découvre l’ITF et reprend espoir. «Je me suis stabilisée. Ca m’a reboosté.»

En cas de doute, elle peut envoyer ses résultats par mail à son médecin. Elle l’a fait, au début, pour prendre ses marques. «Ma diabétologue a été agréablement surprise : elle pouvait tout voir d’un seul coup grâce à une présentation claire. Et comme son cabinet n’est pas à côté, c’était aussi pratique pour moi.»

Si Pascal est convaincu de l’intérêt de Diabphone, Virginie affirme ne plus pouvoir s’en passer. « Je mets encore du temps à m’organiser avant de passer à table, alors forcément, la famille râle un peu », plaisante la jeune femme qui entend bien se perfectionner dans le suivi connecté de son diabète.

Joanna Jullien