INTERVIEW - Le groupe pharmaceutique Sanofi imagine, grâce à la santé connectée, des suivis médicaux d’un genre nouveau et fait appel aux start-ups hexagonales pour accélérer la marche. Gilles Litman, directeur de l’innovation chez Sanofi France, revient sur cet intérêt.

Gilles Litman explique comment un groupe pharmaceutique imagine la santé connectée au présent, mais aussi au futur.

Pourquoi un groupe comme Sanofi s’intéresse t-il à la santé connectée?

La santé ne se réduit pas à la prise de médicaments. La santé mobile ouvre un champ de possibilités considérable pour atteindre certains objectifs: prévention, éducation des patients sur leur pathologie, observance (le respect des prescriptions du médecin, ndlr), coordination des soins… Nous voulons développer une offre de solutions connectées pour les patients et le faire en partenariat avec des structures agiles et créatives, comme des start-ups.

Aujourd’hui, la santé connectée c’est quoi exactement?

Des applications, des sites d’informations, des forums, des objets connectés… C’est un domaine en développement. On voit un foisonnement d’applications mobiles en santé. La difficulté, c’est de savoir choisir. Une start-up comme dmd Santé que nous soutenons avec les Trophées de la Santé Mobile fait évaluer les solutions de santé connectée par des professionnels ou des patients. Elle les note de manière indépendante et récompense les meilleures.

Les objets connectés pour la santé vont-ils vider les cabinets médicaux?

On n’ira pas moins chez le médecin, mais on peut imaginer des visites plus efficaces, avec plus de continuité entre chaque rendez-vous. On sait déjà que les patients qui vont voir leur médecin en ayant consulté Internet sur leurs symptômes sont de plus en plus nombreux. Le patient devient acteur de sa santé. L’enjeu est d’accompagner cette évolution.

Les patients restent néanmoins inquiets sur les informations les concernant et qui vont se retrouver sur cloud…

La question des données de santé et leur confidentialité est cruciale. Cette tendance de fond soulève des questions importantes sur l’usage des données. On peut attendre du «big data» énormément d’opportunités pour une médecine plus prédictive, mais il faut que les autorités et l’univers juridique accompagnent cette mutation.