INTERNET - Développé et testé par des médecins, le service e-docteur, lancé ce lundi 3 février 2014 et dévoilé en exclusivité à 20 Minutes, devine quelle maladie se cache derrière les symptômes décrits par l'internaute.

La consultation est gratuite, sans file d’attente, mais aussi sans ordonnance. Car sous un nom un peu trompeur, e-docteur n’est pas tout à fait médecin. A mi-chemin entre le génie de la devinette Akinator et Dr House, le service en ligne lancé le lundi 3 février par e-sante.fr analyse les symptômes décrits par l’internaute pour découvrir de quoi il souffre.

"e-docteur rassure quand c'est possible, alerte quand c'est nécessaire"

Alors, quoi de neuf, avec e-docteur? Un algorithme, testé par SOS médecin Paris Ile-de-France pour orienter les patients, et définir l’urgence des cas. « La douleur est-elle sourde ou vive ? », « Avez-vous mal depuis plus de deux jours? » A l’aide d’un questionnaire interactif, le service recoupe les informations données par l’internaute avec les pathologies les plus courantes. Du simple rhume au cancer, 500 maladies sont pour l’instant référencées. Le palier des 1 000 puis des 2 000 sont visés à plus ou moins long-terme, assure Arnaud Julien, directeur général d’e-santé.

Lancé par des spécialistes du web en quête d’audience, mais « développé par des médecins, et testé dans un cadre médical », l’outil ne veut pas être cantonné au rôle de « fonction gadget ». Il ne donne pas non plus l’impression de vouloir devenir médecin à la place du médecin. Pour preuve, e-docteur ne pose pas de diagnostic, il formule des hypothèses. Reprenant les termes de Loïc Etienne, le médecin urgentiste qui a développé l’algorithme, Patrice Thiriez, DG délégué d’e-santé, résume : « e-docteur rassure quand c’est possible, alerte quand c’est nécessaire. » Avec l’idée qu’une e-consultation ne doit jamais remplacer un rendez-vous, en bonne et due forme celui-là, chez son généraliste.

>>> Retrouvez nos autres articles santé connectée

Des patients très informés mais mal informés?

L’arrivée d’un docteur virtuel, disponible à toute heure pour ausculter le moindre bobo, n’est pas sans poser quelques questions. Selon une étude TNS Sofres publiée en 2013 près d’un Français sur deux utiliserait déjà Internet pour se renseigner sur sa santé. E-docteur va-t-il accentuer le mouvement ? Arnaud Julien et Patrice Thiriez s’en défendent en tout cas : « On s’inscrit dans le phénomène, on ne l’invente pas. Des hypocondriaques il y en avait déjà, il y en aura encore. S’informer sur Internet est dans les usages, et plutôt que d’aller chercher la réponse sur un forum, il nous semble plus sain et plus pertinent de le faire via notre outil. D’informés, notre but c’est qu’ils le soient mieux. » E-docteur propose d’ailleurs d’imprimer la liste des symptômes repérés avec l’internaute. Celui-ci peut soit s’y référer pour surveiller l’évolution de ses signes de santé, soit la présenter directement à son médecin.

Intelligent, le logiciel n’hésitant pas reposer ou repréciser ses questions, le système n’en a pas moins des limites. Si l’erreur est humaine, il arrive que le moteur à probabilités se trompe. Pendant les tests préliminaires, effectués à l'hôpital Lariboisière à Paris, l’algorithme aboutissait aux mêmes conclusions que le personnel médical dans deux-tiers des cas. D'ici à ce qu'il soit imbattable, les salles d’attente ont encore de beaux jours devant elles.

>>> Retrouvez notre article sur DocForYou, l'application iOS qui analyse votre santé

Romain Gouloumès