CONSEILS - L’Inpes préconise 30 minutes de marche rapide par jour. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande, elle, un effort de 10 000 pas quotidiens, soit plus d’une heure de marche. Loin d’être incompatibles, les deux objectifs sont surtout les lignes de départ et d’arrivée d’un même marathon destiné à améliorer notre santé.

 

Portés au poignet ou dans la poche, qu’on les destine aux sportifs ou à sa grand-mère, les capteurs portables ont tous un point commun : la fonction podomètre. Aux yeux des médecins et des institutions sanitaires, la marche est en effet considérée comme une bonne mesure d’activité physique. Deux recommandations, pourtant très singulières, coexistent en France : l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), conseille aux Français de tous âges de pratiquer chaque jour au moins l’équivalent de 30 minutes de marche rapide, soit environ  3 500 pas. Dans sa lutte contre le surpoids et les maladies cardio-vasculaires, l’OMS fixe la barre à 10 000 pas quotidiens.

Fragmenter son effort

Qui a raison? Les deux, répond le docteur Patrick Bacquaert, médecin-chef de l’IRBMS (Institut régional du bien-être, de la médecine et du sport santé en Nord Pas-de-Calais). « La communication n’est certes pas très claire, mais il faut voir les 30 minutes de marche comme un minimum et par conséquent les 10 000 pas comme un idéal. Cet objectif est un challenge pour progresser dans son hygiène de vie. En incitant les gens à atteindre petit à petit ce palier des 10 0000, on va débloquer des efforts, et ancrer de bonnes habitudes. » Nul besoin de se transformer en sportif de l’extrême; pour commencer, l’Inpes recommande de fragmenter son exercice en deux ou trois périodes de 10 minutes.

Les bénéfices d’une activité physique régulière ne sont plus à prouver selon Patrick Bacquaert qui voit dans les pas d’aujourd’hui, un investissement pour demain : « 30 minutes d’activité quotidienne avec une bonne hygiène de vie permet de réduire les inégalités de santé entre les populations. » En passant de 3 500 pas à 10 000, le marcheur ne verra pas de changements sur le moment, ajoute-t-il, sinon une meilleure tonicité musculaire, un regain de souffle, et une liberté articulaire accrue. « Mais il ne faut pas s’attendre à maigrir, à moins de revoir son alimentation en parallèle. En réalité, une fois qu’on se maintient à 10 000 pas, on a les bons appuis pour entretenir son bien-être. L’activité physique nous protège naturellement contre le vieillissement et ralentit l’apparition de maladies chroniques telles que l’infarctus. » Et de conclure : « Ce n’est pas à 60 ans qu’il faut s’en préoccuper, c’est à 30.»

 Des petits efforts au quotidien

Même pour les plus occupés, s’aménager une demi-heure d’exercice physique dans son emploi du temps quotidien ne relève pas de l’exploit. Comme le fait remarquer Patrick Bacquaert, les occasions de se dépenser dans notre environnement direct ne manquent pas. A commencer par les escaliers : « L’exercice ajoute au déplacement la force de développement nécessaire pour passer d’une marche à l’autre. En plus d’être bénéfique pour notre santé, c’est un facteur favorable à la perte de poids ». Répétés tous les jours, les efforts consentis sur les déplacements à pied, en voiture ou en transport en commun, comme sortir une station plus tôt, ou se garer plus loin que d’habitude, sont autant de façons de faire grimper son podomètre, et d’épargner à peu de frais pour son avenir.

PAR ROMAIN GOULOUMES

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