EDITO - Considéré en France comme l’interlocuteur de référence pour tout ce qui a trait aux objets connectés et à leurs usages, Emmanuel Gadenne est également l’auteur du «Guide pratique du Quantified self». Chaque semaine sur 20Minutes.fr, il apportera un éclairage sur un sujet de son choix. Dans son deuxième billet il aborde l'aspect social du Quantifed self et plus largement d'Internet.

 

Le Web est une jeune création, datant de 1989. Pourtant, il a déjà connu plusieurs vagues de développement exponentiel. Dès 1998, Google lui donne un nouvel essor : on assiste à la naissance du Web des contenus quand chaque information dispose enfin de la visibilité qu'elle mérite. En 2006, c’est la naissance du Web social : avec Facebook, ce sont nos amis et ce qu'ils partagent qui capte notre attention. Chacune de ces phases de croissance génèrent des avalanches d'informations toujours plus pertinentes et captivantes.

140 millions de messages sont échangés chaque jour sur Twitter, mais quand l'information gratuite devient si abondante et si redondante, c’est toute notre attention qui se raréfie ! Notre quête d'un web compréhensible passe sans doute par des partages plus porteurs de sens. Pour faciliter le rapprochement avec ceux qui partagent certains de nos objectifs, je préconise d’utiliser les réseaux sociaux d’une façon plus transparente. Pour cela, il suffit afficher son vrai nom, sa photo, ses centres d’intérêt du moment, d’être clair sur ses objectifs et de témoigner en public de ses efforts et de ses résultats.

Sur les réseaux sociaux, Twitter, Instagram et Facebook j’ai témoigné de mes efforts pour perdre du poids, manger mieux, arrêter de fumer sortir de la sédentarité, devenir plus sportif, écrire un livre... Dans 99,9% des cas, j’ai reçu en retour des marques d’intérêt, des encouragements, des conseils pertinents et bienveillants et aussi beaucoup de questions de personnes qui avaient les mêmes types d'objectifs que moi. Nos données personnelles sont ainsi un moyen de nous connecter aux autres, de nous montrer tels que nous sommes, tous humains face à quelques kilos en trop ou en pas assez.

Ce nouvel essor du Web repose sur nos actions et sur tous les objets connectés que nous utilisons chaque jour pour nous mesurer, nous connaître, nous améliorer. Oui nos smartphones, montres, bracelets, fourchettes, balances, podomètres, tensiomètres, glucomètres, enregistreurs de sommeil peuvent communiquer pour nous et se mettre au service de nos objectifs de forme, de santé, de bien-être.

Les réseaux sociaux ne sont plus seulement des médias mis à la disposition de tous. Ils sont les témoins de nos actions et de nos vies. Les réseaux sociaux gardent la trace de nos parcours. Ils témoignent des objectifs que nous avons partagés avec les autres. Ils servent de réceptacles aux efforts quantifiables que nous avons crus bon de partager.

La recherche du buzz à tout prix ne peut être une fin en soi et trop de communication tue l'attention. Après avoir partagé plusieurs milliers de tweets, j'ai souhaité apporter plus de sens à mes gazouillis. Au travers du partage de mes données personnelles, j'ai cherché à mettre mes actions en perspective. Avec d'autres pratiquants du Quantified Self, je ne suis plus très loin de penser que le Web des actions finira par transformer en profondeur ce qui est encore aujourd’hui, un Web trop tourné vers les blablas... Et vous ?