VIE PRIVEE – Très surveillée par les recruteurs, et les entreprises, mais négligée par le grand public, la réputation en ligne est une lame à double tranchant que chaque internaute peut maîtriser avec un peu de coaching.

Nous avons tous deux réputations à tenir. Celle véhiculée par le bouche à oreille et le relationnel. Et l’autre, numérique. Agglomérat d’articles divers, messages sur les forums et profils de réseaux sociaux, notre présence sur Internet renvoie une image, pas toujours agréable ni désirée, de notre personne. Pourtant, cette cyber identité ou «e-réputation» est de plus en plus observée par les professionnels, tous milieux confondus. «Plus de 7 recruteurs sur 10 avouent googler le nom des candidats, et un quart ont déjà écarté un postulant à cause de son e-réputation», indique Camille Berteau, fondatrice de Sos Internet. Son entreprise vient en aide aux personnes qui souhaitent rétablir leur e-réputation, ou qui se retrouvent confrontées à d’autres problèmes inhérents à l’utilisation d’internet.

Pour leur défense, les internautes ne sont pas toujours au courant de ces pratiques, quand ils ne sont pas  totalement inconscients des traces qu’ils laissent à la vue de tous. A ceux qui se jettent dans la toile sans filet, Camille Berteau répond que «le web, c’est comme la vraie vie.  Il y a des comportements à éviter, des règles à respecter, et des choses à ne pas faire». Au premier rang desquels, évoquer ses problèmes de santé ou étaler sa vie sentimentale sur un forum, sans prendre la précaution d’utiliser un pseudonyme. Clairement, ce type d’imprudence peut jouer des tours s’il refait surface au hasard d’une recherche en ligne.

Une réputation virtuelle à l’impact bien réel

Car Internet n’a pas la mémoire courte. Travail de longue haleine, le coaching d’e-réputation a beaucoup à voir avec le coaching sportif. Pour Camille Berteau, pas de doute, la e-réputation se travaille sur la distance : «C’est maintenant qu’il faut faire attention à ce qu’on trouve ou ce qui se dit sur soi. Car la e-réputation va prendre de plus en plus d’importance.» L’avertissement s’adresse tout particulièrement aux adolescents, très présents sur les réseaux sociaux. Ses conseils? Du bon sens, principalement. Utiliser un pseudonyme, éviter les contenus inappropriés. La spécialiste encourage au contraire la présence sur les réseaux sociaux professionnels, Viadeo et LinkedIN en tête, voire la création d’un blog. «A condition d’avoir le temps de s’en occuper.» Particulièrement bien référencé dans les moteurs de recherche, le blog fait d’ailleurs partie des outils que Camille Berteau est amenée à employer pour redresser la e-réputation d’un client.

Sur la toile comme ailleurs, l’internaute n’est pas seul responsable de son image de marque. D’autres peuvent s’en charger à sa place. L’un des derniers clients de Camille Berteau était ainsi victime d’une campagne de dénigrement à coups d’articles nauséabonds. «Aujourd’hui, n’importe qui peut ternir votre réputation en ligne», prévient-elle. Sans diaboliser Internet, la spécialiste  en personal branding encourage les utilisateurs à se protéger au plus tôt en créant leurs propres contenus de qualité. Et de conclure, «laisser un vide sur son nom, c’est aussi laisser de la place à un contenu qu’on  ne maîtrise pas».

Romain Gouloumès