EDITO – Considéré en France comme l’interlocuteur de référence pour tout ce qui a trait aux objets connectés et à leurs usages, Emmanuel Gadenne est également l’auteur du «Guide pratique du Quantified self». Chaque semaine sur 20Minutes.fr, il apportera un éclairage sur un sujet de son choix. Dans son septième billet, il invite le lecteur au partage.

La mesure de données personnelles est loin d’être une pratique solitaire. Pour être efficace au long cours, elle doit intégrer une phase de partage qui peut prendre différentes formes :

La première forme consiste à partager de la donnée personnelle brute au travers des réseaux sociaux, Facebook et Twitter. Il s’agit d’alors d’utiliser les fonctionnalités sociales des outils de mesures de données personnelles, pour communiquer votre poids, votre sommeil, le nombre de kilomètres courus, le nombre de pas marchés dans une journée, etc. Ces partages permettent à vos amis de savoir ce que vous faîtes et de vous encourager. Ils respectent aussi une syntaxe qui les rend lisibles par des applications qui étudient pour vous, des agrégats de données sur le le running, la marche, l’évolution de votre poids... Revers de la médaille, si vous avez beaucoup de contacts sur ces réseaux sociaux, les partages de données personnelles au format brut génèrent aussi beaucoup de messages et de bruit : ils peuvent lasser ceux qui vous suivent. Sur Twitter, on pourra utiliser un compte anonyme dédié pour éviter de générer trop de lassitude.

La deuxième forme de partage peut se faire au travers d'une interface spécifique, souvent construite dans une logique de “gamification” : il s'agit alors de gagner des points, de tenter de décrocher un badge ou de dépasser ses amis dans un classement... Sur cet axe là, Nike avec son bracelet Nike Fuel Band a pris une longueur d'avance en permettant la compétition avec des amis qui pratiquent d'autres sports que vous ! Le tableau de bord proposé par Fitbit dans sa version mobile est extrêmement intéressant aussi puisque l’on peut y voir en temps réel si on a réussi à marcher les 70 000 pas par semaine que recommande l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et même voir qui de ses amis y arrive ou n’y arrive pas !

La troisième forme de partage est sans doute la plus intéressante : les utilisateurs du Quantified Self aiment aussi partager leurs expériences d’utilisateurs pionniers. Pour cela, le plus simple est de présenter devant les autres ses réponses aux questions suivantes : Qu’est-ce que j’ai mesuré ? Pourquoi j’ai fait ces mesures ? Comment fonctionne mon dispositif de mesure ? Qu’est-ce que j’ai appris ? Si vous avez des objectifs, perdre du poids, dormir plus et mieux ou faire plus d’activité physique, vous aimerez savoir comment font ceux qui ont le même type d’objectif que vous ! Quels sont les outils et les solutions qu’ils utilisent, quels sont les enseignements qu’ils ont tirés de leurs pratiques personnelles ? 89 villes dans le monde (dont Paris), disposent ainsi de “Quantified Self Meetups”, des événements où les utilisateurs pionniers et les chercheurs côtoient directement les développeurs de sites web, d’applications mobiles et de capteurs de données personnelles. A l’heure où je termine cet édito, il ne reste déjà plus que quelques places pour le prochain Quantified Self Paris du 28 juin 2013 de 9h à 17h, à La Cantine à Paris. On s’y retrouve ?