HIGH-TECH - 24 positions, connexion Bluetooth, et application mobile. Il ne s'agit pas d'une enceinte nomade mais de la main connectée de Claudia Breidbach, qui a changé sa vie.

David Cameron, Angela Merkel... Au CeBIT, salon des nouvelles technologies qui bat son plein depuis le 9 mars à  Hanovre, Claudia Breidbach leur a serré la main à tous les deux. Toujours avec la même. La prothèse robotisée fixée à son bras gauche. Présentée en grande pompe au salon allemand de la high tech, la i-Limb ultra revolution est le modèle le plus sophistiqué de la marque Touch Bionics. En plus de la « main tendue », le membre artificiel peut adopter pas moins de 23 autres positions. Plus étonnant, passer de l’une à l’autre n’exige aucune manipulation. Tout le pilotage s’effectue depuis l’application installée sur son smartphone (iOS seulement).

«J'ai été bluffée»

Tenir une feuille, éplucher une banane… autant de gestes du quotidien qui étaient impossibles à Claudia. Née avec une dysmélie, une maladie qui l’a privée de son avant-bras gauche, l’architecte a passé 40 ans avec une banale prothèse de main. Jusqu’en 2012.  « Mes amis m’ont parlé d’une main connectée. J’ai appelé l’entreprise très rapidement pour qu’ils me la présentent, et j’ai été bluffée. » C'est à peine si l’apparence robotique de la chose, très éloignée des prothèses cosmétiques, la gêne  : « Quand je l’ai vue, la première fois, cela faisait vraiment futuriste. Maintenant c’est devenu une main exactement comme l’autre. Ça a vraiment changé ma vie. »

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Du matin au soir, au bureau comme dans ses sorties quotidiennes, le dispositif à cinq doigts ne la quitte plus. Pour s’acquitter des opérations les plus courantes, l’Allemande n’a même pas à sortir son iPod. Jusqu’à cinq configurations peuvent être enregistrées directement dans la main. Une série de contractions des muscles du bras suffit à indiquer laquelle adopter.  « Pour moi, c’est vraiment une deuxième main. Les positions sont très naturelles. Je peux les utiliser sans problème lors de mes sorties en vélo ou dans les salles de fitness. »

Prochaine étape, le parachutisme

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Il n’y a que pour le parachutisme que l’Allemande se refuse encore à porter i-Limb. Une question de temps, à l’entendre. « Je vais l’essayer en simulateur, et voir comment elle s’en sort à l’atterrissage. Si ça marche, je l’emmènerai, c’est sûr. » La sportive a déjà une bonne idée de quand aura lieu le baptême de l’air. Avec l’équipe Karma, Claudia Breidbach s’est qualifiée pour les championnats nationaux de parachutisme à 4 qui auront lieu en septembre prochain.

Romain Gouloumès