TEST - Les balances normales ne font plus le poids. D’ailleurs, la petite dernière de Withings n’en est plus vraiment une, de balance. Autant par son placement tarifaire, pas loin des 150 euros, que par ses fonctionnalités. Après plusieurs semaines d’utilisation, 20 Minutes livre son verdict sur le Smart body analyzer.

 

Un iPhone pour les pieds

On croirait ouvrir un produit Apple. Dans son packaging minimaliste, l’illusion offerte par la WS-50 made in Withings est parfaite. Le design de la balance est à l’image de celui d’un iPhone : élégant, les coins arrondis, un soupçon d’aluminium pour métalliser le tout. On s’attendrait presque à voir le défunt Steve Jobs, brandissant la balance, invoquer une imminente révolution. A l’instar de son homologue téléphonique, l’objet est d’ailleurs disponible en deux coloris, blanc (iOS uniquement) et noir (iOS et Android). Avec son plastique bosselé, il faut bien avouer que la face arrière fait un peu cheap en comparaison. Le détail, bien que déplaisant chez un produit de ce prix (149,95€), se fait vite oublier quand on comprend qu’en dehors des premiers et courts instants d’installation, l’utilisateur n’aura pas souvent occasion de voir sa balance de dos. A noter que l’appareil est plus imposant qu’une balance normale. Il vaut mieux prévoir un peu de place, sous peine de devoir la sortir de sa cachette à chaque pesée.

Un premier contact séduisant

L’installation parlons-en. Après avoir retourné la balance pour activer le pairage, le pèse personne se met immédiatement en quête de réseaux wi-fi et d’un smartphone à proximité. Une liaison bluetooth et un téléchargement (celui du compagnon santé Withings) plus tard, le tour est joué. Pas de code-wifi à saisir, ni de bouton à appuyer, la balance se commande intégralement depuis le smartphone (ou depuis l’ordinateur, le cas échéant) avec une facilité déconcertante. Une balance connectée avec une prise en main digne d’une balance normale, il fallait le faire.

Une balance, et beaucoup plus

Qu’est-on en droit d’attendre d’une balance, même connectée ? Pas grand-chose sinon l’essentiel, se poser dessus et obtenir des indications précises. Force est de reconnaître que l’appareil remplit parfaitement son office. En 10 secondes, l’écran  restitue le poids, la masse grasse et le rythme cardiaque de l’utilisateur. Un utilisateur qui risque de se faire avoir la première fois, en descendant trop tôt. Il faut en effet patienter quelques secondes de plus pour que la mesure du rythme cardiaque s’effectue. Là encore, Withings respecte l’esprit Apple jusqu’au bout. L’apprentissage, à défaut d’être instinctif, demande un temps d’adaptation.

 Une application bien construite

« Nous sommes sur la bonne voie ! Plus que 1,9kg à perdre pour atteindre votre objectif ». L’emploi de la première personne du pluriel n’est pas anodin. Ce nous rassembleur réunit nul autre que l’utilisateur et le totem de l’application, un papillon qui fait office de coach bien-être. Manœuvrable du pouce, le compagnon santé Withings se parcourt via des menus déroulants. Il est à cet égard très simple de se fixer un objectif de poids, ou d’explorer les graphes des pesées. Inviter un objet ou une application, un brassard de mesure d’activité ou de sommeil à titre d’exemple, ne demande pas beaucoup plus d’effort. Le papillon, dont chaque aile représente une composante santé (poids, activité, sommeil, cœur),  fait le pont entre les différents services auxquels l’application peut se connecter. Withings n’a pas fermé les portes de ce côté puisque ce sont près de 80 partenaires qui peuvent exporter les données de la balance, ou inversement.

Des points à améliorer

Présentée comme l’une des grandes nouveautés de ce modèle, la mesure de la qualité de l’air a un intérêt pour le coup très limité. Plus gadget qu'autre chose, la donnée n’a de pertinence que si l’appareil trouve place dans la chambre à coucher et non dans la salle de bain, une pièce qui, par nature, demande à être régulièrement aérée. Au chapitre des réclamations, on regrette les quelques ratés de la mesure cardiaque, et l’obligation de refaire toute la pesée si on veut à tout pris obtenir la donnée qui nous intéresse. Dans la pratique, les fonctions déployées par la balance sont loin d’être toutes utiles mais qui peut le plus, peut le moins.

Conclusion

La balance intelligente est certainement le premier objet connecté à posséder pour qui veut suivre l’évolution de son poids, et d’autres indices santé. Si des modèles similaires existent chez la concurrence, à des tarifs clairement plus attractifs, on s’aperçoit rapidement qu’à l’instar du constructeur à la pomme dont elle s’inspire beaucoup, Withings ne fait pas payer qu'un objet au design plaisant. Proposant de base une plate-forme particulièrement bien pensée, le Smart body analyzer atteint son plein potentiel quand on le connecte à d’autres services. Des arguments de poids qui ont déjà convaincu de nombreux foyers que la relève du pèse personne méritait son prix ou, au moins, qu'elle le valait.

PAR ROMAIN GOULOUMES

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