TEST – Etanche, plutôt design et intelligent... Polar frappe un grand coup avec son bracelet connecté, le Loop, très inspiré du Nike+ Fuelband SE, mais vendu à plus petit prix.  

2014 sera-t-elle l’année des bracelets connectés? Encore inconnus au bataillon en 2012, ces bijoux censés mesurer notre niveau d’activité se sont multipliés en 2013. L’année qui s’ouvre verra sans doute les excellents Fitbit Flex et Nike + Fuelband SE détrônés par la nouvelle vague. Parmi elle, Polar et son Loop. Un bracelet connecté qui ressemble fort à un putsch.

A vrai dire, au moment d’ouvrir le paquet, on a d’abord eu peur. Car avant d’enfiler le bracelet et de partir jogger, il faut d’abord sortir les ciseaux. Quelques coups de lames et un doigt de bricolage sont indispensables pour accorder le capteur au poignet. Une fois attaché, l’objet tient parfaitement, et ne dépareille pas… trop. Les deux ajouts argentés sur les bordures en font un objet d’apparence très masculin, plus élégant qu’un Fitbit Flex, moins passe partout que le Nike+ Fuelband SE. On aime ou pas. Pour nous, c’est plutôt réussi.

A 89,90€, le Polar est le tracker le moins cher de sa catégorie. Cela ne l’empêche pas d’afficher une finition soignée. Le plastique du bracelet marque d’ailleurs beaucoup moins que celui de Nike. Le revêtement est resté intact malgré des conditions de test pas toujours soigneuses.Tout indique que le Polar Loop a été conçu pour durer et résister aux éléments. Pour la première fois sur un bracelet connecté, le Loop est non pas résistant à l’eau mais étanche jusqu’à 20 mètres. Plus de raison de retirer son bracelet lorsqu’on fait la vaisselle ou lors d’une sortie piscine. Le hic, c’est que, sous l’eau, l’écran reste allumé en permanence. L’autonomie en prend un coup.

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Un bracelet en vente courant janvier

La batterie justement, tient environ cinq jours, alors que la concurrence atteint généralement la semaine. Gênant, mais pas rédhibitoire. D’autant que le Loop se charge très rapidement. Efficace, le port propriétaire n’est, du reste, pas toujours facile à brancher.

L’écran, quant à lui, est une copie, en moins détaillé et en rouge, de celui du Nike + Fuelband. Rien à redire de  ce côté-là, l’affichage est lisible en toute circonstance et fournit de nombreuses indications : heure, nombre de pas, calories dépensées… Particulièrement utile, la fonction d’analyse. L’utilisateur sait d’un simple coup d’œil combien de temps de marche, ou l’équivalent en jogging ou station debout, il lui reste à accomplir pour atteindre son objectif quotidien.

L’application (iPhone seulement. La compatibilité Android est annoncée pour février ou mars) mobile, Polar Flow, fait montre du même soin. On l’a dit plus haut, le bracelet a été conçu pour être porté nuit et jour. Cela se matérialise à l’écran par un diagramme d’activité de son propriétaire. Synchronisée en Bluetooth, l’application sait combien de temps il passe debout, assis, ou allongé. Un employé de bureau aura ainsi une idée précise du temps passé sur sa chaise. L’application prend d’ailleurs son rôle de coach sportif très à cœur. Soit via des alertes d’inactivité, en notifications push, soit en analysant la journée écoulée. Du genre : «Vous êtes restés assis pendant quelques heures. Essayez de faire des pauses demain.»

Un volet social perfectible

Spécialité du constructeur, la mesure du rythme cardiaque est évidemment des festivités. Mais seulement en invité. Pour l’afficher, le bracelet doit au préalable s’appairer à une ceinture thoracique bluetooth. On apprécie la connexion, entièrement automatisée, et la très faible consommation d’énergie de l’ensemble. Ce qui est plus dommage, c’est la lisibilité. Il suffit d’une pression de trop sur le bouton du bracelet pour devoir parcourir à nouveau tous les écrans d’affichage et retrouver celui qui nous intéresse.

Outre une batterie perfectible, et ces quelques soucis d’ergonomie, il faut faire avec un volet communautaire incomplet. L’application, du moins pour l’instant, n’intègre aucun partage sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter ou autre. La seule façon de rejoindre la communauté des porteurs de Polar Loop est de se rendre sur la plateforme internet Polar Flow. Celle-ci est certes bien fournie, l’on espère la retrouver au plus tôt dans le creux de la main.

Loin d’être une pâle copie du Nike + Fuelband SE, le Loop est au contraire un premier essai réussi de la part de Polar, que l’on n'attendait pas forcément pas là. Alors, s’il ne reprend pas le système des Fuelpoints cher à la marque au «swoosh», et s’il s’abstient de toute fonctionnalité communautaire mobile, le produit tient toutes ses promesses en s’affirmant comme un tracker d’activité de qualité, et qui plus est abordable.

Romain Gouloumès