APPLICATION – Simplifier et accélérer le suivi de l'alimentation. C'est le défi que s'est fixé Jawbone avec la version 3.2 de l'application iOS dédiée à ses bracelets connectés UP et UP24.

Indigeste, le coaching nutrition? Chez le constructeur américain Jawbone, il a pu causer son lot d'aigreurs d’estomacs. Pour contrôler leur alimentation, les détenteurs d’un bracelet connecté Jawbone UP ou UP24 peuvent depuis longtemps renseigner la composition de leur repas sur leur application mobile. Las, découragée ou lassée, la grande majorité d’entre eux abandonnerait en cours de route. C’est dire l’ampleur du chantier qui attend la version 3.2 déployée sur iOS le 16 juillet.

Afin d’abaisser simultanément les courbes de poids et d’abandon de ses utilisateurs, Jawbone annonce avoir travaillé près d'un an à développer toute une nouvelle panoplie d’outils. Le premier, et peut être le plus anecdotique, est le suivi de la consommation en eau. Au delà de l'accessoire, avec cette mise à jour l’application UP a surtout appris à repérer les aliments récurrents dans notre alimentation afin d'accélérer la prise de note. Pain, tomate, féculent… Mine de rien, plus d’un quart d’entre eux réapparaissent d’un repas sur l’autre.

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 Accélérer le suivi alimentaire

Entrer son menu du midi ou du soir s’effectue de la même façon qu’avant. L’utilisateur a le choix entre une bibliothèque de plats préenregistrés, la sienne qu’il a pu créer, et scanner le code barre du plat ou de la boisson consommé. Cette dernière solution a le mérite d'être efficace et rapide, mais pas infaillible. Lors de notre test, le téléphone a reconnu un velouté de poireau d'une marque connue et diverses canettes de soda mais séché sur un taboulé préparé. Il faudra donc, de temps à autre, entrer soi-même la composition d’un plat. Si cela permet de brûler quelques calories au passage...

Pour garder les troupes motivées, c’est une toute autre feature qui a été créée par Jawbone. «Aux Etats-Unis, 50% des repas sont pris en dehors du domicile», note Laura Borel, responsable de la partie nutrition chez Jawbone. En plus des plats classiques, la bibliothèque de l’application est désormais synchronisée avec les cartes de certains restaurants partenaires. De Burger King à Starbucks, une petite trentaine d'enseignes sont pour l'instant référencées. En parcourant la liste, on découvre ainsi que le célèbre Whopper est estimé à 650 calories quand un café américano en apportera 23. La méthode a toutefois ses limites: entre le choix du pain, la sauce et les assortiments, bon courage pour entrer précisément la composition de votre sandwich Subway...

Un score pour chaque repas

L’un des reproches fréquemment faits aux applications de coaching est leur incapacité à interpréter les données fournies par l’utilisateur pour en tirer des conclusions ou des conseils. Redésigné, le tableau nutritif du UP est épuré au maximum. Dès que l’utilisateur a renseigné le contenu de son assiette, l’application lui présente une addition réduite au strict nécessaire (fibres, sucres, lipides...), comparée aux apports journaliers recommandés. Selon ses qualités nutritionnelles, le repas reçoit ensuite une note de 1 à 10. Difficile de ne pas se sentir mal quand on sort de table avec un score en dessous de la moyenne.

Enfin, ajoute Laura Borel, l’application prend en compte les habitudes alimentaires, mais aussi sportives, du porteur du bracelet afin de lui apporter des indications personnalisés. «Ainsi, elle pourra l’encourager à manger d’avantage de fibres si son alimentation présente des carences ou proposer une recette de cuisine adaptée à la récupération après une session de running», fait valoir Jawbone.

Les données du bracelet ne sont pas les seules à pouvoir être exploitées de cette manière. Déjà compatible avec certaines balances connectées, comme les modèles Withings, l'appli mobile offre dorénavant la possibilité de définir des objectifs de poids et de consommation de calories. Quand on sait que plus de 70% des utilisateurs Jawbone visent une perte de poids, on s'étonne presque que cette fonctionnalité n'ait pas été ajoutée plus tôt. Maintenant que c'est fait, l'association d'un bracelet qui a fait ses preuves et d'un logiciel simplifié forme un combo anti-kilo assez inédit sur le marché du bien-être. Reste à voir s'il est efficace.

Romain Gouloumès