TEST - On doit déjà à Hapilabs la fourchette intelligente. La société française revient avec un tracker d’activité qui agrandit la famille des mesures en y introduisant un petit nouveau, le bonheur. Alors, heureux?

On ne sait pas si le Hapitrack nous rendra heureux, mais lui a l’air de se fendre la poire. Rond comme un Tamagotchi, le capteur conçu par les Français d’Hapilabs (déjà à l’origine de la fourchette intelligente Hapifork) arbore un large sourire en guise de bouton. C’est lui qu’il vous faudra presser lors de vos instants de liesse. Car oui, outre de compter pas et calories, le tracker se fait fort de mesurer notre bonheur.

Plus heureux l'homme connecté? L’appareil ne fournit pas de recette toute faite pour le savoir. L’utilisateur doit définir lui-même, sur une échelle de 1 à 10, son état émotionnel à l’instant T. Le problème c’est que plus on se sent bien, plus cela demande d’appuyer de (très) longues secondes sur son bipper. De quoi en perdre son sourire. Au-delà de ces menus soucis d’ergonomie, la fonction doit nous permettre, selon Hapilabs, de conscientiser les petits instants de bonheur que nous réserve le quotidien. Dans la pratique, cela fonctionne plutôt bien. En jetant un œil à son score à la fin de la journée, on se dit que, tout compte fait, elle n’était pas si mal.

>>> Retrouvez notre article : peut-on quantifier le bonheur?

 

L'absence de connexion sans fil regrettable

A part ça, que du bonheur, ou presque. Vendu 39,90€, le Hapitrack est le capteur le moins cher qu’il nous ait été donné de tester. Cela induit plusieurs choses. Bien que très lisible, l’écran est sans commune mesure avec celui d’un Nike+ Fuelband SE, vendu quatre fois plus cher. Les allergiques aux câbles regretteront également l’absence de synchronisation Bluetooth. Afin d’analyser ses données, il faudra nécessairement passer par l’USB.

Ce détail n'est pas négligeable. Si l'on ne prend pas l'habitude de le synchroniser régulièrement, et en dépit d’une mémoire de plus de 10 jours (et d'une batterie de 15), l’appareil perd nettement en utilité. C’est d’autant plus dommage que l’application mobile (iOS uniquement) permet d’enregistrer ses moments de bonheur, photo ou vidéo à l’appui. A l'ère de l'internet des objets, il aurait été bienvenu de connecter le Hapitrack au smartphone. Tant pis.

Un design qui ne donne pas le smile

Autre point en défaveur du Hapitrack, son design qui ne donnera pas le smile à tout le monde. Sa silhouette tout en arrondis le place plus dans la catégorie des jouets que dans celle des capteurs d’activité. A cet égard, l’objet est relativement volumineux, et occupe une place non négligeable à la ceinture ou au fond de la poche. La partie esthétique du tableau de bord en ligne est bien plus réussie. L’utilisateur peut y consulter à loisir ses mesures mais aussi renseigner quantité de données supplémentaires, de son alimentation au sommeil. L’idée derrière Hapitrack, et l’ensemble de l’écosystème Hapilabs d’ailleurs, est d’équilibrer trois fioles, Manger, Aimer et vivre. Tout un programme.

Pour ce qui est de mesurer simplement son activité, et potentiellement son bien-être général, Hapitrack s’en sort donc avec les honneurs. Il faudra cependant se passer de connexion sans fil, et faire avec un design discutable. Mais si le prix est vraiment votre premier critère de choix, le capteur d'Hapilabs fera très probablement votre bonheur.

>>> Balances intelligentes, podomètres, réveils... découvez nos autres tests d'objets connectés

 

Romain Gouloumès