TEST - Leader mondial du GPS, Garmin tente sa chance sur le marché des bracelets connectés. Avec une particularité, son Vivofit annonce une autonomie d’un an.  

Mauvais signe. Apparue il y a moins d’une heure, la barre rouge sur l’écran de mon bracelet revêt maintenant un motif hachuré. C’est un avertissement. Qu’il faut que je me lève de mon bureau et que je m’active un peu. Parfaitement silencieux, Vivofit parvient à m’alerter sans vibration ni notification mobile. Le regard pointe naturellement vers le poignet où le bracelet de Garmin, toujours allumé, fait office de montre. Si vous vous posiez la question, une journée au boulot en portant le Vivofit (119€) ressemble à peu près à ça.

L'écran e-paper, gage d'autonomie

Prenant le train des trackers d’activité en marche, le fabriquant de GPS et montre de running est paradoxalement un peu seul dans le wagon. Son bracelet, annoncé au CES de Las Vegas en janvier, et en rayon depuis mars, fait un pas de côté par rapport à tout ce que Nike, Fitbit, Jawbone, ou même le concurrent Polar, ont pu offrir jusque là.

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Pour preuve, le Vivofit emprunte son écran e-paper aux liseuses électroniques, et se dote de deux piles en lieu et place de l’usuelle batterie. L’alliance des deux, combinée à l'absence de rétroéclairage, offre une autonomie théorique jamais atteinte sur un objet connecté portable. Quand il faut recharger son Fitbit Flex tous les cinq jours, sept pour un Nike+ Fuelband SE, le Vivofit survit pendant un an. C’est ce que promet Garmin, et nous serions bien en peine de confirmer ou d’infirmer l’information après deux semaines de test. On verra ce qu’il en est réllement dans 11 mois.

Étanchéité, solidité

En tout cas, le bracelet semble prévu pour durer. Etanche jusqu’à 50 mètres, il supporte sans peine l’épreuve de la vaisselle ou de la douche. La contrepartie, c'est que le Vivofit est un peu épais sur le poignet. Mais une fois qu'on l'a enfilé, il y reste. Les technologies bluetooth et ANT+, assurent d’ailleurs une synchronisation, que ce soit avec le smartphone ou un cardiofréquencemètre compatible, sans branchement.

Côté données, à l’exception de la barre d’inactivité évoquée plus haut, le bracelet de Garmin n’étonne pas par son originalité. L’utilisateur retrouve sans grande surprise les fonctions de podomètre, calcul de distance ou des calories brûlées, et de suivi du sommeil. Seule nouveauté, l’objectif quotidien de l’utilisateur, qui varie d’un jour à l’autre. L’algorithme recalibre la mission du jour en fonction des mesures précédentes. L'option s’avère maline et plutôt encourageante.

Une application mobile à revoir

Toutes les données de la journée en cours sont accessibles depuis le bracelet. Les interfaces mobiles et internet changent de perspective en offrant diagrammes et courbes, pour observer ses progrès ou la qualité de son sommeil. L'application smartphone est toutefois moins agréable, à l’œil mais aussi à l’utilisation, que celles développées par Polar ou Nike par exemple. Les possesseurs d'une montre GPS Garmin apprécieront de retrouver côte à côte sessions de running et activité de la journée. Sorti de là, le portail en ligne fait clairement mieux que son pendant sur smartphone. En un clin d’œil, il donne un aperçu de l’ensemble des informations recueillies. On espère que les développeurs de Garmin sauront s'en inspirer pour redésigner l'appli.

Au final, la marque résout avec Vivofit l'un des principaux problèmes, sinon le principal, des trackers d'activité. A savoir l'autonomie. Une fois n'est pas coutume, en comblant une faille, Garmin s'abstient d'en créer d'autres ailleurs. Des rappels d'activité au suivi du sommeil, absolument toutes les features des bracelets connectés concurrents répondent présentes. Sauf le rétro-éclairage. Avec l'application mobile, c'est à notre sens le seul point que le constructeur a à retravailler pour le modèle suivant.

Romain Gouloumès