EDITO – Emmanuel Gadenne est l’auteur du «Guide pratique du Quantified Self», et expert en usages du numérique chez Sopra Consulting. Régulièrement sur 20Minutes.fr, il apporte un éclairage sur un sujet de son choix. Cette semaine, son billet s’intéresse aux coachs sportifs. Que pensent-ils des objets connectés qu’on appelle aussi coachs électroniques?

On connaît Withings pour ses balances connectées, son capteur d’activité, ses tensiomètres connectés, son babyphone, son capteur de sommeil… Mais concrètement, comment ces objets connectés peuvent nous aider à prendre soin de notre santé ? Pour répondre à cette question, j’ai interviewé Alexis Normand qui est en charge du développement santé  pour la start-up française.

Comment les objets connectés Withings permettent concrètement d’améliorer la santé et le bien-être de leurs utilisateurs ?

En utilisant les Smartphones ou tablettes comme passerelles de transmission, les objets connectés permettent de construire sans effort un historique d’auto-mesures, facilement accessible sur son tableau de bord personnel.

Cette mesure simplifiée, sous forme de graphiques enrichis, est la condition d’une prise de conscience de son état de santé. Elle incite les utilisateurs à modifier leur comportement dans la durée. C’est ainsi qu’ils peuvent progresser, en gérant mieux leur poids, en surveillant leur tension, en étant plus actif.

Le fonctionnement du Smart-Body Analyzer l’illustre: sans demander plus d’effort qu’une pesée normale, cette balance connectée reconnaît instantanément la personne qui se pèse parmi toutes les personnes du foyer, enregistre son poids, calcule son indice de masse corporelle (IMC), mesure sa masse grasse et son rythme cardiaque.

Ces mesures sont envoyées par bluetooth ou wifi sur son compte Withings sécurisé et l’utilisateur peut ainsi suivre son évolution dans le temps. Cette simplicité de la mesure est la condition d’un suivi durable. 90% des utilisateurs Withings continuent d’utiliser leur balance après un an.

Quelles études viennent valider les résultats que vous mettez en avant ?

Les objets connectés permettent à chacun de stocker son historique de données pour avoir une vue complète de l’évolution de sa santé. Ainsi, les objets Withings sont générateurs de preuve pour l’individu, comme au niveau collectif.

Sur de larges cohortes anonymes, il est possible de mesurer une corrélation entre le fait de se mesurer souvent et le fait de progresser. Par exemple, les personnes en surpoids qui se pèsent tous les jours perdent deux fois plus de poids sur un an que celle qui se pèsent une fois par semaine.

Des études scientifiques de premier plan montrent que les personnes qui se suivent avec un podomètre, par exemple le Withings Pulse, notre tracker d’activité,  font en moyenne 2000 pas de plus par jour, et que cela réduit leur tension artérielle.

Enfin, les objets connectés Withings sont utilisés dans le cadre d’études cliniques de premiers plans, notamment par le CHU de Toulouse pour le suivi de patients diabètiques de types 2, Stanford ou encore Cornell, pour des études sur la nutrition ou les maladies du coeurs. C’est le cas de la balance connectée ou  du tensiomètre connecté, qui est un dispostif médical certifié en Europe et aux Etats-Unis.

Comment les autorités de santé se positionnent-elles par rapport à l'hébergement des données de santé de vos utilisateurs, dans les différents pays où vos produits sont commercialisés ?

Les données mesurées par les objets connectés Withings sont des données personnelles, strictement confidentielles. Elles sont protégées par des cadres réglementaires stricts, en Europe et aux États-Unis, qui interdisent de partager les données nominatives sans le consentement explicite des utilisateurs.

En France, nous avons la chance d’avoir un cadre particulièrement protecteur avec la Loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978 qui institue la CNIL. Elle sanctionne lourdement tout partage illicite de données, ce qui est passible d’amende et d’emprisonnement. Withings a mis en place des process de qualité qui interdisent toute intrusion pour garantir la sécurité à ses utilisateurs.

Et les pharmaciens, les médecins, les infirmières à domicile?

De nombreux professionnels de santé vivent les objets connectés comme une révolution. Tout d’abord, les objets connectés pour la santé permettent aux patients de devenir acteurs de leur santé: les patients sont mieux informés et suivent mieux leurs traitement.

Nos objets permettent aussi une plus grande personnalisation de la médecine. Si on prend l’exemple du tensiomètre connecté, il permet de suivre de manière continue dans le temps l’évolution de sa tension, et donc de tester l’efficacité de tel ou tel traitement entre deux visites médicales. Cela peut être un atout considérable pour le médecin ou le pharmacien.

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De plus, la démocratisation des objets connectés réduit drastiquement le coût d’un suivi à distance des maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, hypertension...) car chaque patient peut utiliser simplement ces technologies avec son Smartphone, et envoyer les données à son médecin.

Ces objets facilitent aussi la connaissance de ce qui se passe à la sortie de l’hôpital, par exemple pour la chirurgie de l’obésité, les interventions sur le cœur ou même les prothèses de hanche. Cette connaissance facilite la rééducation et permet d’intervenir à temps pour éviter les ré-hospitalisation. Ceci profite au patient et permet de diminuer les dépenses de santé.

Doit-on anticiper une évolution des recommandations des intervenants de santé, des prescriptions médecins, des remboursements de la sécurité sociale ?

Le contexte actuel de l’Assurance Maladie oblige les intervenant de santé à se positionner en faveur de l’innovation technologique. D’un côté, le vieillissement démographique entraîne une augmentation des maladies chroniques, une augmentation des besoins et une forte hausse des dépenses de santé. De l’autre, il faut maîtriser les dépenses et lutter contre la désertification médicale.

Les objets connectés offrent un moyen de sortir par le haut de ce dilemme, en permettant de faire mieux et moins cher, d’abord en créant de véritables réflexes de prévention chez les personnes saines ou à risques, ensuite en permettant de mieux suivre les malades à distance.

Avant le remboursement des objets connectés, nous verrons la mise en place d’incitations fiscales à promouvoir les technologies de prévention, par exemple dans les entreprises ou chez les assureurs. L’investissement dans la prévention aujourd’hui est une source d’économie à plus court terme qu’on ne l’imagine.

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