SMARTPHONE - Conçue pour optimiser la conduite des automobilistes, l’application française Geco permettrait d’économiser 10 à 15% de carburant.

Accélérer franchement pour stabiliser sa vitesse plus vite et mieux anticiper le freinage sont deux règles basiques de l’éco-conduite. Pour inciter les automobilistes à les appliquer, l’IFPEN, établissement français spécialisé dans les énergies nouvelles, a développé l’application mobile Geco. En un coup d’œil à son smartphone, le conducteur sait si son attitude sur la route est économe ou vorace en carburant.

Si des gadgets américains permettaient déjà d’analyser sa conduite, c’est une première sur mobile, et en France. «En recourant aux capteurs GPS et à l’accéléromètre du smartphone, nous quantifions le comportement du véhicule au fil de l’eau. L’application va regarder le dernier tronçon roulé, de l’accélération au freinage, pour le comparer à notre modèle de conduite optimale et inciter l’automobiliste à s’en rapprocher», explique Gilles Corde, responsable de programmes logiciels et services pour les transports de l’IFP Energies Nouvelles. A la clé, 10 à 15 % d’économie sur le plein.

Le gain d’autonomie a beau être alléchant, pas certain qu’il suffise à convaincre les automobilistes d’installer Geco sur leur smartphone. Disponible depuis peu sur iOS et Android, l’application est à la conduite ce que Runtastic et Runkeeper sont au running, un coach électronique. Et s’il est une chose sur laquelle les personnes qui tiennent le volant n’aiment pas trop qu’on les chatouille, c’est bien sur leur façon de le manier.

Ne pas froisser les automobilistes

L’IFPEN a pris ses précautions assure Gilles Corde. Les susceptibilités de chacun seront ménagées.  «On cherche l’inferface la plus conviviale possible. Les indications fournies doivent être les moins directives et ennuyeuses possible.» L’application s’abstiendra par conséquent de toute remarque déplacée sur le style de conduite ou la vitesse de la voiture. «Elle montrera juste à l’automobiliste s’il est près ou loin de l’optimum énergétique. On peut être un bon conducteur rapide. En revanche, Geco pourra souligner l’économie d’énergie possible si le conducteur est prêt à consentir quelques minutes de plus sur son temps de parcours.» Et d’ajouter : «La bonne application, c’est celle qui sait se faire oublier.»

Peu de chances donc que Geco vous fasse gagner de précieuses secondes dans les embouteillages ou au feu rouge. Cela n’empêche pas une certaine compétition. D’ailleurs, les utilisateurs de l’application peuvent d’ores et déjà comparer leur performance énergétique à celle de leurs amis. L’IFPEN valorise ensuite les données recueillies en les agrégeant. «Les mesures nous permettent ainsi de développer des cartes énergétiques des routes françaises.»

Des données entièrement anonymisées

Pas question de jouer les flics pour autant, ni les espions. Toutes les données sont anonymisées assure-t-on chez l’IFPEN. «On ne peut absolument pas remonter jusqu’au possesseur de l’application. Pour nous il était fondamental que les trajets de l’utilisateur ne soient visibles de personne d’autre que lui», déclare Gilles Corde.

Sortie à la mi-juin, l’application n’est pas encore totalement opérationnelle. Tous les smartphones Android ne sont pas compatibles, des bugs persistent (surtout sur Android) et de nouvelles données doivent être intégrées. Les prochaines versions, par exemple, prendront en compte l’inclinaison de la route. Cette information supplémentaire permettra d’avoir une idée plus précise du style de conduite, et de la consommation d’énergie du véhicule, explique l’IFPEN. Avec une contrainte: «Il faudra vraiment que le téléphone reste immobile sur le tableau de bord.» Econome ou non, conduire c’est d’abord ne pas téléphoner.