Vous avez participé à une conférence sur l’égalité des chances organisée par la Fondation FDJ. Sur quels sujets avez-vous axé votre prise de parole ?

Je ne venais pas pour évoquer les inégalités de façon générale. L’idée, c’était plutôt d’apporter mon regard personnel, ma vision de l’inégalité, à travers ce que j’ai vécu dans ma vie artistique. J’ai eu la chance de commencer à travailler assez jeune. J’ai donc pas mal de recul sur la question.

Avez-vous été confrontée concrètement à l’inégalité ?

Bien sûr, dans notre milieu aussi, les inégalités sont présentes. Le cinéma, c’est une image représentative de la société, il n’en est donc pas exempté. L’inégalité la plus flagrante, c’est évidemment la différence de rémunération et de considération entre les comédiens et les comédiennes. Y compris pour les tous premiers rôles, incarnés par des stars. Même si nous exerçons un métier envié, l’égalité des chances chute drastiquement pour les femmes une fois qu’elles ont passé la quarantaine. La femme de 50 ans est moins sollicitée, dès l’écriture des scénarios. Il y a peu de rôles pour ces femmes là. En général, on les revoit à l’écran pour incarner des rôles de grand-mères, après 70 ans. De même, la distribution des couples est souvent effectuée de la façon suivante : des hommes mûrs, avec des femmes de 30 ans. Jamais l’inverse.

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Vous êtes vous déjà impliquée pour ce genre de causes au cours de votre carrière ?

Tout à fait. Par le passé, j’ai joué dans un court métrage au profit de l’association Tissons La Solidarité, dont j’étais la marraine. L’objet du film était de mettre en lumière la discrimination à l’embauche suite à une période sans travail. Je jouais une maman motivée qui face à la difficulté d’un entretien d’embauche, perdait ses moyens.

Et la chance, vous l’avez déjà rencontrée ?

Bien sûr ! Par exemple alors que j’étais une toute jeune danseuse, j’ai été repérée lorsque j’avais dix ans par une femme qui allait devenir un agent très influent dans le milieu du cinéma dans les années 90. Mais à l’époque, elle ne l’était pas encore. La comédie était alors loin de mes considérations. J’ai eu raison de lui faire confiance.

Croyez-vous en l’éducation par le jeu ?

Ça va plus loin que ça. J’estime que le jeu est une des clefs de la créativité, et pas seulement dans le milieu artistique. On peut parfois faire d’une passion un métier, l’énergie est alors décuplée et permet la réalisation des projets les plus fous. Le jeu, quelle que soit sa forme, est une pratique qui aide au développement. Lorsque je mets des comédiens en scène, je les pousse à s’amuser, à se laisser inspirer par leur imagination, car je suis persuadée que l’aspect ludique d’un travail n’est absolument pas incompatible avec la rigueur.

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Ce contenu a été réalisé par 20 Minutes Production pour Fondation d'entreprise FDJ