«Ça fait plus de 20 ans que le First person shooter (FPS) existe et on arrive encore à faire évoluer le genre», se réjouit Damien Djaouti, enseignant chercheur en informatique spécialisé sur les jeux vidéos. Les premiers titres à succès du genre, Wolfenstein 3D en 1992 ou Doom en 1993, sont devenus des références toujours émulées aujourd’hui. En témoignent les sorties en fin d’année 2016 des nouveaux rejetons de deux grandes franchises, Battlefield 1 et Call of Duty: Infinite Warfare. Plus récemment, notre test du dernier jeu développé par Blizzard entertainment, Overwatch, nous a permis manette en main de retrouver les éléments clés d’un FPS.

Dans le viseur du joueur

Tout est dans le nom. First person shooter (FPS), veut dire «jeu de tir à la première personne». «Comme son nom l’indique, un FPS se caractérise par la vue subjective. Le joueur voit à travers les yeux du personnage qu’il incarne», explique Damien Djaouti. «Le viseur au milieu de l’écran est vraiment commun a tous les FPS» précise aussi Alphacast, gamer et shoutcaster (commentateur d’e-sport). Ces éléments se retrouvent dans Overwatch où le joueur ne voit sur l’écran que la pointe de son arme, et l’endroit où il la décharge. Le point de vue est d’autant plus immersif que le gamer a de nombreux angles morts et peut donc être pris à revers par des adversaires, tomber dans des pièges, ou succomber à des attaques en traître.

Maîtres d’armes

«Le fait de pouvoir changer d’armes, d’en avoir des différentes est assez répandu maintenant, mais certains FPS se focalisent sur une seule arme», décrit Alphacast. Bien souvent, tout un panel d’armes se trouve à la disposition du joueur, du fusil à pompe aux mitraillettes, plus ou moins évoluées suivant l’époque à laquelle se déroule le jeu. Dans d’autres jeux tel qu’Overwatch, chaque personnage dispose d’un ensemble d’armes et de compétences qui lui sont propres. Aux attaquants comme Faucheur les fusils à pompe, et aux héros défensifs comme Chacal les pièges et les embuscades.

Dans les deux cas, le joueur a la possibilité de changer d’arme et donc de tactique, assez facilement. Dans Overwatch, la «très grande variété de personnages extrêmement différents entre eux» évoqués par Alphacast est par exemple accessible dès que l’on est éliminé, ce qui peut être fréquent au début.

Plus on est de fous plus on tire

«Les FPS ont plusieurs approches, soit le jeu se réalise en solo, soit en multijoueur, soit les deux. L’expérience de jeu devient alors très différente», explique Alphacast. Avec Overwatch, Blizzard a clairement conçu un titre pour jouer à plusieurs. Il s’agit même de ce qui s’appelle un Multiplayer online battle arena (Moba, pour arène de bataille en ligne multijoueur). «Il est très rare d’avoir un FPS sans multijoueur. Pour certains titres comme Quake ou Overwatch, il s’agit du principal attrait, d’après Alphacast. De plus en plus de jeux n’ont même pas de mode solitaire comme c’est le cas ici, mais aussi de Counter strike ou de Quake.» Manette en main, on réalise d’ailleurs très vite que construire une stratégie d’équipe est primordial pour remplir les objectifs de ses missions.

Votre mission si vous l’acceptez

Qui dit multijoueur dit scénarii adaptés au jeu en équipe. «En multijoueur, on peut avoir des conflits scénarisés où une équipe doit tenir une base ou défendre un point. Un autre jeu classique est celui de la capture de drapeau, où l’équipe doit protéger le sien tout en essayant d’aller voler celui de l’adversaire et de le rapporter dans sa base», décrit Damien Djaouti. Ce genre de d’assauts (ou de défense suivant le point de vue), ou d’occupations de zones se retrouvent parmi les modes de jeu du dernier Blizzard, ainsi qu’une mission d’escorte de convoi devant être mené d’un point A à un point B par la force des armes. Pour chaque type de mission, trois cartes adaptées, avec en plus trois maps hybrides qui vont associer les objectifs d’assaut et d’escorte.

Skill faut savoir faire

Jouer en équipe, accomplir ses missions par le biais de différents sets d’armes… Pas évident si le gamer n’a pas un minimum de dextérité. «Globalement, si on a de bons réflexes, on est bon aux FPS. Mais chaque jeu va demander des capacités plus spécifiques au joueur» analyse Alphacast. Pour un canon du genre, Counter strike, le gameplay met en avant la précision, tandis qu’Overwatch, «où la vitesse est plus élevée, demande plus des bons déplacements». Bien sûr, inutile d’espérer gagner la manche si vous tirez dans tous les sens au hasard, mais savoir se déplacer reste essentiel au jeu pour éviter les tirs ennemis. Certains personnages, comme Fatale (Widowmaker) avec son grapin ou Pharah et son jet-pack, peuvent par exemple se mettre à l’abri en hauteur très rapidement.

Ce type de jeux d’arcade demande aussi «un peu de stratégie afin de gérer les compétences de chaque personnage» d’après Damien Djaouti, qui cite Quake. Les équipes doivent être équilibrées avec des tanks pour encaisser les dégâts, des attaquants, des défenseurs et des soigneurs en soutien. A l’instar des grands classiques du genre, le nouveau titre de Blizzard demande donc beaucoup de réactivité, mais aussi des qualités d’adaptation, que ce soit au terrain ou à son équipe.

Le point de vue qu’on ne présente plus, un vaste choix d’armes et des missions types, communes à beaucoup de FPS, autant d’éléments qui permettent de se retrouver en terrain connu à chaque nouveau jeu. Cela n’empêche pas le genre de se renouveler au grès des sorties. Les gamers vont encore garder l’arme au poing pendant longtemps.

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