CLASSES RELAIS - Le projet Intergénér@tions de l'enseignante Monique Argoualc'h met en relation personnes âgées et élèves en difficulté scolaire via le numérique.

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Dans l'enseignement, le numérique n'a pas que des vertus pédagogiques. Il peut également être d'utilité sociale comme le prouve le projet Intergénér@tions. Une initiative de Monique Argoualc'h, professeure des écoles. L'idée a germé dans sa tête après son arrivée à Brest en 2002, pour l'ouverture d'une classe relais qui accueille des collégiens en difficulté scolaire.

«J'ai d'abord fait des constats. En premier lieu, ces élèves avaient une image très dégradée d'eux-mêmes. Ensuite, l'école avait un devoir de leur enseigner l'utilisation d'Internet. Aussi, peu de mes collégiens rencontraient des personnes âgées. Et enfin, quelque chose qui n'a rien à voir avec ma classe : en 2003, le troisième âge était très éloigné d'Internet», raconte l'enseignante.

Transmission numérique

Monique Argoualc'h a alors créé le projet Intergénér@tions. Deux fois par semaine, elle forme ses élèves aux usages d'Internet. Ces derniers se rendent ensuite dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Leur mission? Expliquer à un groupe de résidents comment se servir d'Internet. Le soutien des collectivités a été déterminant dans ce projet. « La ville de Brest a installé une salle d'ordinateurs dans l'établissement. Nous avons reçu une subvention pour qu'une personne de l'association Infini vienne former les élèves, et qu'une animatrice de l'Ehpad les informe sur le public des personnes âgées.»

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Le succès est tel que des clubs de retraités extérieurs à l'établissement se rendent également à ces formations. De son côté, Monique Argoualc'h remplit ses objectifs professionnels en reliant son projet aux compétences du socle commun. «Les élèves gagnent en estime d'eux même, apprennent la communication, s'impliquent dans un projet sur la durée et font des démarches inhabituelles», note-t-elle.

Echange de bons procédés

En plus de dix ans d'existence, ce projet, qui s'est étoffé et a suivi l'explosion des usages d'Internet, a mobilisé 150 jeunes. Désormais, les élèves réalisent des vidéos, interviewent les personnes âgées, leur ouvrent des comptes sur les réseaux sociaux... Ils échangent même avec une école d'ingénieurs bretonne pour la création d'une interface de tablette numérique adaptée aux seniors.

Ces rencontres improbables autour du numérique donnent une autre dimension au projet pédagogique de Monique Argoualc'h, ainsi qu'une autre vision de la société à des enfants en rupture avec le système scolaire.

Guillaume Salacroup