REPORTAGE - Bientôt dix ans que la marque tricolore renoue avec le made in France. Entrez dans les coulisses des ateliers du gallinacé.

En 2005, Le Coq Sportif s’était fixé un but précis : reconquérir son savoir-faire perdu. A Romilly-sur-Seine, sa ville de naissance, dans un bâtiment de confection laissé en friche et où 500 ouvriers fabriquaient des survêtements dans les années 1960, la marque relance aujourd’hui ce que beaucoup croyaient définitivement égaré.

Cocorico

«C’est la plus vieille marque internationale de sport mais elle avait quasiment disparu du terrain et des marchés», explique David Pecard, responsable du secteur industrie textile Le Coq Sportif. Grâce à un nouvel actionnaire, un programme de relance de l’entreprise est donc mis en place en 2006.

À Romilly, on installe donc une partie «développement produit» avant d’aménager «une partie production suite aux retrouvailles avec le Tour de France pour du sponsoring», relate fièrement David. Dès lors, Le Coq Sportif ne cesse de remonter la pente et signe un contrat avec Richard Gasquet le 20 décembre 2013. Dix jours plus tard, il joue déjà dans une tenue sur-mesure, développée, testée et corrigée dans l’atelier français d’une réactivité implacable.

En 2014, toutes les tenues relatives au tennisman vendues par le «coq», soit 14.000 pièces en quatre couleurs différentes, ont été produites à Romilly.

Des fabricants de l’extrême

Evidemment, l’engouement pour la marque est devenu tel qu’il lui est impossible de tout fabriquer dans l’Hexagone. «On ne va pas en Asie, notre production est centrée sur le Portugal», précise David Pecard. Pendant ce temps, dans l’Aube, trente-deux personnes (essentiellement des femmes) s’affairent sur des machines à coudre, sont occupés à floquer, à imprimer, etc.

>>> Retrouvez l'intégralité de la hotte liste de Noël

Leur mission? Apporter une qualité supérieure aux vêtements et accessoires, et être d’une grande flexibilité. Dans une même journée, les petites mains du Coq Sportif doivent pouvoir changer de cote, travailler différents logos, s’occuper de multiples produits… Tout ça à l’échelle de centaines d’exemplaires!

Un processus de création complet

«Les designers doivent pouvoir penser chaque produits à partir de composants que l’on a imaginés avec eux en amont. Dans l’atelier on a d’abord cherché les bons fournisseurs, les bonnes matières, etc.», décrit David Pecard.

Imaginés dans les bureaux parisiens du Coq Sportif, ce sont entre 700 et 800 modèles uniques qui prendront vie sous forme de prototype chaque année dans l’atelier de Romilly. Ce n’est qu’après cette phase que les couleurs sont développées, puis les supports, les patronages, les décors… Jusqu’à obtenir un produit parfait, pour les sportifs, leurs fans ou les adeptes de la mode sportswear.

Nicolas Richoffer