Envie de nature à l’approche des beaux jours? De troquer les pigeons et les chats grisâtres de nos centres-villes pour de vrais animaux sauvages? Cela tombe bien. Le massif du Sancy, en Auvergne, regorge de bêtes faciles à observer pour qui veut bien se donner la peine de partir à l’assaut des chemins.

Commençons par les plus grosses et donc les plus simples à repérer. Grâce à ses plateaux, falaises et dénivelés importants, les alentours du Puy de Sancy abritent une faune typiquement montagnarde. Les promeneurs pourront donc croiser mouflons, chamois et autres marmottes «dont plusieurs colonies» ont élu domicile sur le massif, selon l’accompagnateur de moyenne montagne Joël Berugière. «Si l’on descend en sous-bois on peut très bien voir des cerfs et des chevreuils, mais ils ne sont pas toujours au rendez-vous. Au printemps les marcheurs peuvent observer des renards, à la recherche de nourriture pour les petits restés au terrier.»

Le spectacle est aussi en haut

A présent, levons les yeux vers le ciel, à la recherche de la buse variable, que l’on différencie du milan noir (lui aussi présent dans les parages) grâce à la forme de sa queue. «La buse a des ailes relativement larges et une queue en éventail. Le milan en porte une fourchue, en forme de V», explique Joël Berugière. Parmi les autres espèces à occuper le ciel auvergnat, on trouve l’aigle royal et le faucon crécerelle. Ce dernier « pratique la technique de vol dite du Saint-Esprit. Il reste sur place, statique, puis plonge sur sa proie», ajoute notre interlocuteur.

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Les contreforts du Puy de Sancy hébergent aussi des raretés de la biodiversité, comme le papillon Apollon, reconnaissable aux pois rouges sur ses ailes blanc crème. Une espèce rare, en voie de disparition dans plusieurs pays d’Europe et protégée au niveau national. «On ne le trouve qu’entre 1500 et 1800 mètres d’altitude et, à cause du réchauffement climatique son aire de répartition tend même à se réduire», constate Eric Vallé, le conservateur de la réserve naturelle nationale de la vallée de Chaudefour.

Colosse de la nature, l'Apollon mesure entre 35 et 40mm / flickr Björn S...

Colosse de la nature, l'Apollon mesure entre 35 et 40mm / flickr Björn S...

Respecter les bonnes pratiques

Pour profiter au mieux de ce spectacle, respecter quelques règles semble nécessaire. «Il ne faut pas trop fumer ni s’embaumer de parfum. Je ne demande pas aux randonneurs de se coucher à même la terre pour en prendre les odeurs, s’amuse Joël Berugière, mais les animaux ont des sens plus développés que les nôtres et nous repèrent souvent avant que nous ne les apercevions.» Enfin, «il faut comprendre que nous ne sommes pas dans un zoo», insiste l’accompagnateur. Les marmottes peuvent donc rester cachées. Ce qui ne vous autorise évidemment pas à répandre la moitié votre sandwich sur le sol pour les faire sortir de leurs terriers.

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