11h45 au PMU du coin. Equidia tourne en boucle sur la télé au-dessus du comptoir et Siglo De Oro vient de couper la ligne d’arrivée en première position. Sur le sol, des tickets, remplis de chiffres obscurs ( 1 – 6 – 15 – 4 – 9 / 4 – 1 – 10 – 6 - 9 ), traînent. Toi, profane venu boire un simple café dans ce temple des courses, lis donc les lignes qui vont suivre.

La première chose à savoir c’est que, contrairement aux paris autour du foot, du basket, ou encore du tennis, les jeux hippiques sont «mutualisés». Autrement dit, les cotes ne sont pas fixées, à l’avance, par un bookmaker. Ces dernières évoluent en temps réel «en fonction des choix des joueurs» et ce, jusqu'à la dernière seconde. «50% des mises sont faites 5 minutes avant le départ» , explique Samuel Loiseau, directeur marketing du PMU. Pour faire simple, plus un cheval sera apprécié des parieurs, «plus sa côte va baisser et se rapprocher de 1».Par exemple, une cote à 5/1 signifie que pour chaque euro misé sur ce cheval, 5 autres ont placés sur l’ensemble des autres partants ( ce qui est très peu). Un bourricot semi-boiteux moqué pour ses performances lamentables verra donc son rapport «grimper » et atteindre  30, 50 ou même 70 contre 1. «Avec ce système les perdants qui financent les gagnants et 75% des enjeux sont reversés sous forme de gain», ajoute notre expert.

La recette des parieurs

Pour gagner, le joueur doit faire appel à sa sagacité, son intuition, il «étudie le papier», explique notre interlocuteur. Et oui, si Come on du Vallon se retrouve à 4/1 et Vif du Bois Jarret à 18/1, ce n’est pas pour rien.

Pour Christophe Ugnon-Fleury, rédacteur en chef dans le groupe Paris Turf, le premier critère des parieurs avertis reste «la valeur du cheval et ses performances en compétition». Parmi les autres paramètres à prendre en compte: le jockey, puisque’«un bon jockey monte un bon cheval», l’état de la piste, la distance de course, la réputation de l’entraîneur ou encore la ferrure. «Au trot, c’est un élément déterminant », ajoute Christophe Ugnon-Fleury. «Un cheval déferré ira plus vite et sa sensibilité au terrain sera plus importante », acquiesce notre second interlocuteur. «Si un trotteur, habituellement déferré court ferré, un turfiste averti ne le jouera pas. Ensuite, chacun sa stratégie», conclut le rédacteur en chef.

Le goût du risque

Evidemment, la cote du cheval, même si elle reste mouvante, entre en compte au moment de sortir la monnaie. «L’intérêt des joueurs, c’est de gagner de l’argent», détaille Samuel Loiseau. Si votre cheval, avec sa cote de 60/1, gagne la course, vous empocherez soixante fois votre mise.

S’écarter des sentiers battus peut donc avoir du bon.

La fin d'un système ?

Mais si les paris mutuels font partie de l’ADN des courses françaises, ce système pourrait changer dans les prochaines années. «Les jeunes joueurs sont plus attirés par les cotes fixes», note Christophes Ugnon-Fleury. Dans l’espoir d’attirer une nouvelle clientèle, le PMU pourrait, de temps à autre, proposer d’autres types de paris.  Malgré tout, «8,5 % des Français de plus de 18 ans ont déjà misé, au moins une fois dans l’année», sur une course équestre.

Dans le même temps ils étaient «moins de 7%» à ressentir le frisson d’un pari sportif classique, explique notre directeur marketing. Attention quand même, jouer comporte des risques.

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