ECONOMIE - Tee-shirt, tote bag, coque de téléphone, affiche… Que se cache-t-il derrière le business du merchandising des festivals de l’été?

«Je vais aux Vieilles Charrues depuis 10 ans et, chaque année, je rapporte quelque chose. J’habite à un quart d’heure du festival et dans la région, c’est comme une marque! Je ne vais pas dévaliser la boutique, mais en général je rapporte un pichet de l’édition. C’est plus utile et moins cher (5€) qu’un tee-shirt que je ne remettrais pas», témoigne Jordi Molard, 25 ans.

Nombreux sont les festivaliers qui ramenent un souvenir de leur passage sur site. «Ça rapproche les gens: porter un tee-shirt des Vieilles Charrues, c’est un peu appartenir à un esprit, une famille, explique Jérôme Tréhorel, directeur des Vieilles Charrues. C’est pour ça que nous tenons à ce que les prix soient abordables. De toute façon, le merchandising n’est pas une grosse source de revenus.»

Un levier financier moindre

Et il ne semble pas avoir de différence entre les régions et la capitale. Le chiffre d’affaire de Rock En Seine représente 6 millions d’euros. Avec le merchandising, la recette est de 100.000€, sans décompter les frais d’animation des boutiques, la fabrication, etc. «L’objectif quand on fait des objets dérivés, c’est plutôt de ne pas perdre d’argent», confie François Missonnier, directeur du festival parisien. Vu sous cet angle, le merchandising est plutôt une manière d’affirmer son identité.

Aux Solidays, le son de cloche est un peu différent. Manifestation de lutte contre le Sida, il entend récolter des fonds pour financer des programmes de prévention et d’aide aux malades atteints par le VIH. «Les prestataires font des efforts sur les coûts de fabrication. Les graphistes et créateurs nous offrent les droits sur leurs œuvres. Les gérants des boutiques sur le site sont bénévoles… Nous arrivons à fédérer des énergies autour de la cause pour servir nos objectifs finaux», informe Stéphane Lopez, directeur adjoint de l’association Solidarité Sida.

Il se vend en moyenne entre 5 et 6.000 tee-shirts sur une édition des Solidays. A 15€ la pièce, cela monte vite. La part de la vente des objets dérivés représente ainsi 1,8% de leur chiffre d’affaire. «On parle de plusieurs dizaines de milliers d’euros, c’est un bon complément», se réjouit Stéphane Lopez.

Un festival, un style

Beaucoup d’efforts ont été fournis par les manifestations musicales estivales pour faire de leurs produits dérivés plus que de simples souvenirs. «Cela n’a pas une part déterminante dans notre budget, mais c’est important de travailler notre image auprès du public. L’an dernier, nous avons fait du textile pour enfant estampillé 'My Dad loves les Vieilles Charrues', ça a très bien marché. C’est dans l’air du temps», exprime Jérôme Tréhorel.

François Missonnier lui s’amuse beaucoup à «jouer au créateur de mode. Choisir les couleurs, les motifs, les coupes pour créer une petite ligne. Mais j’aimerais développer les collaborations avec des créateurs ou des directeurs artistiques pour qu’ils nous proposent leurs interprétations de Rock En Seine.» Une initiative déjà réalisée, et auréolée de succès, pour les 10 ans du festival en 2012 avec le concours de Jean-Charles de Castelbajac.

Marion Buiatti

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