Ils font de la musique ensemble depuis plus de 10 ans. En mars dernier, ils ont sorti le troisième album du projet «Yael Naim et David Donatien», Older. Sous le soleil tapant de Solidays où ils se produisaient pour la troisième fois, on leur a demandé comment ils avaient abordé cet opus. Ensemble, forcément.

On a beaucoup qualifié Older comme l’album de la maturité et/ou de la maternité puisque vous êtes devenus parents récemment. Que représente-t-il à vos yeux?

Yael Naim: C’est vrai qu’il plus mûr, c’est aussi le nom d’un morceau. Mais quand ma grand-mère nous a quittés, j’étais préoccupée par le fait de devenir mère à mon tour. C’est bizarre de disparaître d’un coup. Je trouvais que ce mot englobait bien mes préoccupations de ce moment suspendu.

Comment avez-vous commencé à travailler dessus?

David Donatien: Nous avions une liste de morceaux prêts à être enregistrés. En studio, on a commencé à improviser sur des instrus ce qui a effacé la direction de départ. Ca nous a donné un nouvel élan, une nouvelle manière de commencer la création d’un album. Nous n’avions jamais travaillé ainsi, c’était très excitant.

Yael Naim: Excitant car c’était très spontané. Après dix ans de collaboration, on a découvert quelque chose d’autre. Tout change avec le temps, c’est important de renouveler sa façon de travailler.

Est-ce que vous avez déjà essayé de ne pas produire ensemble?

Yael Naim: Dans les moments difficiles, on se dit qu’on devrait faire un break mais on se retrouve toujours quelques heures plus tard!

David Donatien: Nous sommes complémentaires. Quand l’un ne travaille pas avec l’autre, il manque une partie. C’est un compromis.

Pourtant, on ne vous voyait pas beaucoup aux débuts…

David Donatien: C’est plus un constat graphique. L’image ne représente pas toujours la réalité. Ca fait 10 ans que nous composons ensemble mais c’est vrai que c’est peut-être plus clair cette fois.

De quelle manière imaginez-vous cet opus sur scène?

Yael Naim : On se projette déjà sur le prochain album, il y a donc souvent un décalage. Les concerts représentent des moments très forts, c’est une relecture de notre travail. On en profite aussi pour jouer des anciens morceaux que nous redécouvrons. On ressent un plaisir incroyable grâce à l’échange avec le public.

Avez-vous des préférences entre le live et le studio?

David Donatien: Le studio est plus confortable car j’aime moins bouger. Néanmoins si on ne fait pas de scène, notre travail ne sert à rien. Et le plaisir se trouve là-bas.

Yael Naim: Nous passons plus de temps en studio pour créer mais si ça ne sort pas, ça peut être très étouffant. Et notre vision de la tournée évolue: concert surprise, création instantanée, orchestre, pas de répétitions…

En concert le 10 juillet au Nice Jazz Festival, le 11 juillet au Montjoux Festival, le 12 juillet au Vercors Music Festival, le 13 juillet aux Francofolies de la Rochelle, le 26 juillet au Paleo Festival, le 27 juillet à l’Albertville Jazz Festival, le 2 août à Fiest’A Sète, le 6 août au festival La Déferlante aux Sables d’Olonne, le 7 août aux Escales de Saint Nazaire, le 12 octobre au Nancy Jazz Pulsations, le 22 octobre au Nuits de Champagne à Troyes, le 7 novembre au Festival Bepop au Mans.