INTERVIEW - À l’affiche de nombreux festivals français et étrangers, le duo français The Dø parcourt le monde pour défendre son dernier album Shake Shook Shaken.

Après une série de dates en Scandinavie et en Grande-Bretagne, Olivia Merilahti et Dan Levy n’ont que quelques jours de repos avant de reprendre leur tournée de Shake Shook Shaken. Entre fatigue et excitation, le duo se confie sur son rapport à la scène et la vie sur la route.

Durant vos concerts à l’étranger, avez-vous le temps de profiter du séjour?

Dan Levy: Avant le concert, on doit faire des balances, puis de la promotion. En tournée, on est plutôt concentrés sur les concerts que sur le tourisme. Il y a toujours un truc important à faire.

Olivia Merilahti: Les artistes qui restent plusieurs semaines ont le temps de s'imprégner de la culture. Nous, c’est une salle de concert, un public, un restaurant à la limite. C’est frustrant et fatigant, mais c’est comme ça.

Tous les soirs de scène sont-ils semblables?

Dan Levy: Aucune salle de concert, aucun festival ne se ressemble. C’est différent dans chaque ville. Tout à l’heure, on me parlait d’un concert qui date d’il y a sept ans, et je m’en rappelle parfaitement. Pourtant, on en a fait des centaines depuis.

Olivia Merilahti: Même nous, on est dans un état différent: fatigue, excitation ou parfois ennui car on veut rester sous la couette. Ça fait parti du métier. Du coup, aucun de nos concerts ne se ressemble.

Arrivez-vous à différencier les publics selon les pays?

Dan Levy: Là, on revient de Londres. Le public anglais est assez homogène. Ils viennent d’abord pour l’éclate, pas pour la finesse. La salle ressemble à La Cigale, sauf qu’il y a cinq bars.

Olivia Merilahti: C’est un public plus sensoriel que cérébral. Ils n’ont pas besoin d’être dans l’analyse, il faut juste aller droit au but.

Dan Levy: Il y a aussi des publics extrêmes, comme à Istanbul ou Mexico. Les gens sont tellement heureux de nous voir qu’ils apprennent toutes les chansons par coeur pour nous dire: «Revenez!». C’est très fort.

Quand êtes-vous passés des petites salles aux grand festivals?

Olivia Merilahti: Trop vite, on était pas prêts. Nous étions un groupe de studio qui s’est retrouvé sur scène comme des punks, à ne pas savoir jouer de la guitare ni allumer un ampli. C’était un peu amateur (rires), on a du apprendre très vite. Les Vieilles Charrues et les Eurockéennes en 2008, c’était vertigineux. Je pense souvent aux jeunes groupes qui ont un succès fulgurant. Ça peut être traumatisant. C’est génial sur le moment, mais il faut mériter toute cette attention et être à la hauteur de l’attente du public.

Quels sont vos plus beaux souvenirs de festival?

Dan Levy: Ce sont surtout de belles rencontres. En backstage, tout le monde a ses loges, mais on se rencontre à la cantine par exemple. C’est beaucoup de regards, surtout quand tu joues avec de grosses têtes d’affiche comme Radiohead, Gossip ou Arcade Fire.

Olivia Merilahti: Nous avons rencontré des personnes géniales, comme Arcade Fire justement, ou The Kinks en Australie. On passe une partie de l’année isolés, c’est agréable de retrouver ces personnes d’horizons totalement différents.

En concert le 27 mars au Zénith de Paris, le 29 avril au Printemps de Bourges, le 22 mai au festival Art Rock à Saint Brieuc, le 23 mai à Europavox avec Selah Sue à Clermont-Ferrand, le 27 juin à Garorock, le 3 juillet aux Eurockénnes de Belfort, le 4 juillet au festival Beauregard, le 11 juillet aux Francofolies, le 12 juillet à Musilac, le 15 juillet au festival du Poupet à Saint-Malô-du-Bois et le 17 juillet aux Vieilles Charrues.