INTERVIEW – Un second album le 30 mars, une tournée d’une trentaine de dates en Europe, jury des Talents du Live 2015… Le printemps de Selah Sue s’annonce comme un retour rythmé.

On vous l’avait dit. C’est l’une des artistes les plus programmées cette année dans les festivals: Les Artefacts à Strasbourg, Le Printemps de Bourges, Europavox à Clermont-Ferrand, Les Francofolies à La Rochelle, le Big Festival à Biarritz... L’occasion idéale pour la chanteuse belge à la voix soul de présenter son second opus «Reason», quatre ans après son triple disque de platine, tout aussi prenant et puissant.

Tu t’es entourée de Robin Hannibal (Kendrick Lamar) et Ludwig Goransson (Childish Gambino, Haim). Comment s’est déroulée la production de ce deuxième album?

Contrairement au premier, où c’était un peu comme je le sentais, je savais très bien ce que je voulais, quelle direction prendre, comment utiliser ma voix… Mais cet album reste très pur et naturel. Après quand tu travailles à plusieurs, il faut aussi gérer l’égo de chacun! J’étais curieuse de savoir comment ça allait se passer. J’avais fait le premier de manière très naturelle à 16 ans. Mais au final, tout s’est très bien passé. J’ai eu beaucoup de temps entre les deux pour être inspirée. Il vient tout autant du cœur.

Quels y sont les sujets abordés?

Tout le monde attend de moi que je sois heureuse puisque c’est mon second album et que le premier a rencontré le succès. Mais j’ai voulu rester honnête, j’aborde donc les hauts et les bas de la vie, c’est universel. Je parle également plus d’amour, sûrement parce que je l’ai trouvé.

«Reason», c’est pour l’âge de raison?

On attend aussi que je sois plus mature, j’ai désormais 25 ans mais je reste très émotionnelle. Ce nom est plus une référence à de nombreuses raisons personnelles. Je suis devenue le «boss» de plusieurs personnes, je m’occupe d’enfants (ceux de son ami, ndlr), j’ai travaillé avec deux producteurs... Je suis concentrée et déterminée. Je ne peux plus me laisser déborder par mes émotions.

Pourquoi avoir commencé de présenter cet album dans des lieux comme les gares et les aéroports?

Je voulais essayer quelque chose de nouveau et j’avais hâte de connaître les réactions du public. Je souhaitais commencer la tournée et partir de chez moi où j’étais depuis longtemps. C’était assez drôle et un bon exercice, le public était fou! J’ai choisi ces endroits car je voyageais beaucoup et j'attendais longtemps. Ca permettait de m’occuper et de les rendre plus chaleureux.

Ta tournée justement est très conséquente quand on regarde le nombre de dates prévues. Quel est ton rapport à la scène?

C’est quelque chose que je dois faire. Parfois c’est magique mais tu ne peux pas te sentir tout le temps comme ça quand tu joues trois fois par semaine. C’est dur, tu es crevée. Dans ces cas-là, je me sens coupable de ne pas avoir tout donné, je suis très dure avec moi-même.

Tu es également marraine des Talents du Live 2015, qu’est-ce que ça t’apporte?

Au départ, je trouvais ça un peu bizarre. Je ne me sentais pas tout à fait légitime de juger d’autres artistes. C’est difficile de juger quelqu’un sur sa musique, le ressenti de chacun est aléatoire. Mais je trouve ça cool de choisir le meilleur au final et j’étais honorée qu’on me le demande.