Souvenez-vous. C’était en 2014 et les deux Anglais sortaient leur premier album éponyme avec entre autres, le tube, Busy Earnin’. Du coup, quand on a appris qu’ils étaient programmés au Fnac Live, on était un peu comme ça:

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Deux minutes plus tard, on faisait notre demande d’interview en imaginant déjà la scène: «Oui, oui, notre deuxième album est en route, il va sortir dans pas longtemps.» Ce qui nous rendait comme ça:

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Et pour cause, le premier opus éponyme est sorti il y a déjà deux ans. Sauf qu’après avoir rencontré Josh Lloyd-Watson et Tom Mc Farland, les deux amis d’enfance qui ont grandi dans le quartier de Sheperd’s Bush à Londres, avant leur passage sur scène, on se sentait plutôt comme ça:

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Pas de date d’album, même pas un EP, «nothing». Avant de vous expliquer pourquoi au final, c’est une bonne nouvelle, on va vous rafraîchir la mémoire.

Octobre 2013, le premier single de Jungle, The Heat, sort chez Chess Club Records. A peine deux mois plus tard, la BBC le sélectionne pour son prix Sound of… et tout le monde s’emballe autour de ce groupe londonien qui fait de la soul en mode année 1970. «Nous étions submergés car nous n’avions que des bons retours, se souvient Tom. On avait beaucoup d’estime pour ce projet mais nous n’avions pas d’attentes particulières. C’était une expérience incroyable.»

Des débuts encensés

Avant et après la sortie de l’album en juillet 2014, le duo enchaîne les dates à un rythme effréné dans toute l’Europe et participe aux plus gros festivals comme Glastonbury et South by Southwest au Texas. «Parfois, lors d’une tournée, il n’y a jamais de pause et tu ne contrôles rien, mais tu le fais car c’est tout ce que tu as toujours voulu faire, constate simplement Josh. Nous avions un groupe formidable sur scène et nous travaillions avec des personnes géniales ce qui rendait l’expérience idéale.»

Agés à l’époque de 25 ans, les jeunes Britanniques en profitent pleinement et continuent depuis. «Nous étions en Amérique latine il y a quelques mois, on a fait pas mal de concerts à Londres et le reste du temps, nous étions en studio , détaille Josh. La phrase est lâchée. On  revient à notre état du début :

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Cette fois, nous y sommes. «Je me demandais justement [si peu] si vous étiez en train de préparer un autre album?» Tom me répond cash: «On fait tout le temps de la musique et quand on en aura fait assez qu’on aime, on enregistra un autre album.» On ne veut pas insister mais on le fait quand même. «Si on se met trop la pression, ça va être de la merde, tranche Tom. On sort d’une période très cool, on a besoin de prendre un peu de recul et du temps.» OK les gars.

De l’économie de la musique

Alors qu’on s’apprête à baisser les armes, Tom rappelle la réalité: «Les Beatles ont sorti beaucoup d’albums car ils ne faisaient pas beaucoup de concerts. Aujourd’hui, tu ne peux pas t’en sortir sans faire des dates car on ne vend pas de disques.» Comme la plupart des groupes actuels, Jungle passe ainsi  forcément plus de temps sur scène qu’en studio.

Mais ils en profitent aussi pour s’inspirer. «On puise dans nos propres émotions et toutes nos expériences qu’elles soient positives ou négatives.» Les jeunes Anglais y voient ainsi le seul moyen pour ne pas trop se faire influencer par les autres. «On est intéressés par des featurings ou des collaborations mais on attend le bon moment, on ne veut pas le faire par opportunisme», explique Josh.  Et Tom de surenchérir: «Si on doit bosser avec quelqu’un, on veut le faire à fond.»

Et de la détermination

Le duo sait très bien ce qu’il veut. On leur dit qu’ils semblent très déterminés. Et sans le vouloir, on revient au point de départ: «On ne veut pas se précipiter. C’est facile de faire de la musique, mais c’est plus dur de faire de la bonne musique. Surtout celle dont tu es satisfait. Sans oublier qu’un titre qui nous plaisait il y a deux ans peut ne plus nous satisfaire aujourd’hui.»

Perfectionniste Jungle? Les Anglais semblent plutôt avoir peur d’eux-mêmes. Pour Tom, ils «doivent découvrir les nouveaux sons qui [les] excitent». «Sinon, on va se répéter, ajoute Josh. Nous devons évoluer, oublier ce qui s’est passé avant pour innover et accepter que nous avons grandi.» Ils citent facilement les Strokes et Justice qui ont gardé la même identité à travers leurs albums même s’ils étaient différents. Ça fait déjà un bout de temps qu’on est rassurés quand ils nous lancent: «Nous sommes meilleurs en composition et en paroles, notre prochain album sera forcément mieux.»  On est tout à fait disposé à les attendre encore un peu et on finit comme ça:

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