INTERVIEW – Le trio bordelais est de retour avec Rien, un nouvel EP sorti le 16 juin. Programmés sur les principaux festivals, ils commenceront la saison avec la Fête de la musique. Rencontre avec un ovni de la nouvelle scène française.

Un premier opus entre rap et jazz, un second entre électro et pop, mais à quoi va ressembler la suite des aventures d’Alix, Jacques et Mattia? En attendant la sortie de leur troisième album en janvier 2015, Odezenne se prépare à enchaîner les dates.

La Fête de la musique à Paris, les Solidays, les Eurockéennes, les Francofolies, les Vieilles Charrues, Paléo… Ces grosses scènes vous impressionnent-elles?

Alix: Nous sommes pressés d’y être, car on n’a jamais joué devant plus de 4.000 personnes. Ce sont des sensations qu’on ne connaît pas, c’est un peu l’inconnu. Mais on appréhende avant tous les concerts depuis nos débuts.

Mattia : Et j’espère que ça durera jusqu’à la fin. C’est dur au départ, mais on est très content après. C’est le prix à payer pour se sentir vraiment bien.

Vous allez beaucoup jouer en extérieur, quel est votre rapport à la scène?

Alix: On nous a souvent programmés la nuit, donc c’est cool. Après c’est bizarre, car tu es tout petit face à plein de monde. Parfois, tu crois que ça va être super et tu es déçu. A l’inverse, tu crois que tu n’es pas prêt et en fait, c’est des concerts d’anthologie.

Mattia: Nous avons fait beaucoup de dates, mais ça ne change pas trop la donne. Pour le son, c’est vraiment bien d’être dehors.

Jacques: La réalité, c’est qu'un concert n’est jamais gagné. Après la première chanson, tu sais mieux dans quelle direction ça va partir. Le public décide si tu vas passer un bon moment.

Qu’est-ce qui change dans les festivals par rapport à un concert classique?

Jacques: C’est une grosse organisation. Il y a aussi une urgence pour décharger les camions et installer le matériel, c’est speed. Ce qui change aussi, c’est la poussière. Ça coupe un peu les cannes...

Alix: Il y a un côté démesuré. Le public est plus nombreux. Quand tu arrives et qu’il y a 300 bénévoles, c’est fou.

Une fois cette tournée estivale terminée, vous allez préparer la sortie de votre nouvel album. A quoi va-t-il ressembler?

Alix: C’est celui dont nous sommes le plus fiers et qui nous ressemble le plus. On a réussi à faire des belles chansons. C’est de la musique en français de plus en plus orchestrée avec une forte volonté d’écriture.

Jacques: On a donné le plus de nous-mêmes pour le réaliser. Nous sommes passés du stade à ‘je fais ce que je peux’ à ‘je fais ce que je veux’.

Mattia: Nous sentons qu’on se rapproche de ce qu’on aimerait faire. O.V.N.I a quand même été compliqué et se remettre dans quelque chose de difficile à faire alors qu’on l’a déjà fait, c’est juste impensable. Ce n’est pas pour ça qu’on fait de la musique, mais le plaisir. Nous avons voulu faire quelque chose qui nous parle à ce moment là. Il y aura beaucoup de couleurs et ce disque sera assez varié. Il n’y a plus de sample du tout. On a prévu des vraies ballades, on a deux slows…

Ça semble assez différent. Comment ça s’est passé entre vous quand vous avez commencé à travailler dessus à Berlin?

Mattia: Ce n’est pas très maîtrisé, on était juste d’accord de ne plus faire de sample.

Alix : Ensuite, on a décidé de changer de cadre et d’aller à Berlin pour bousculer les habitudes. C’est le meilleur moyen pour se remettre en question. Sur place, on a habité ensemble et on a vu ce qui se passait. Et nous avons abordé cet album comme si c’était le dernier.

Constance Daulon

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