Disco. C’est sûrement l’adjectif le plus utilisé à propos du dernier disque de Monika, Secret in the dark, sorti en novembre dernier. Plus dansant, plus pop, plus lumineux. Pourtant, son nom annonce aussi une part d’obscurité. Et à l’écoute de certains morceaux, la mélancolie s’invite et se mélange avec des sons organiques. Bien sûr il y a sa rencontre improbable à New York  avec Homer Steinweiss, fondateur de Dap-Kings et musicien d’Amy Winehouse, et son accident de bateau où elle a dû nager plusieurs kilomètres pour retrouver la terre ferme.

A l’occasion de sa tournée française en avril, on l’a rencontré pour savoir ce qui se cachait d’autre derrière cet album bien différent des deux premiers nettement plus folk. Disque de platine en Grèce, elle nous a aussi raconté comment on passe de sa langue maternelle au français et d’un statut d’icône à celui d’une artiste en devenir ailleurs.

Avec quelle musique avez-vous grandi?

Mes références sont très différentes. Quand j’étais enfant, j’écoutais beaucoup de classiques comme Stand by me, les titres d’Ennio Morricone et de la musique grecque traditionnelle. Ensuite, je me suis tournée vers des chansons plus mélancoliques, ce qui explique pourquoi mon premier disque est assez doux et lent.

Quelles ont été vos influences pour Secret in the Dark?

J’ai beaucoup écouté Marvin Gaye et Parliament. J’ai commencé à écrire une démo avec du disco et lors de mon voyage à New York, j’ai rencontré Homer Steinweiss qui a embrassé ma musique. On a trouvé quelque chose de nouveau ensemble en mixant des sons de l’Est, puisque je viens de Grèce, et d’autres des Etats-Unis.

Votre accident en bateau en 2009 a-t-il aussi changé votre approche de la musique?

Je me suis tournée en effet vers une autre direction, plus positive, même si cet album reste un peu noir. Mais il est tout ce dont j’ai toujours rêvé.

Votre pays natal est-il toujours présent dans cet opus?

Il est dans mon sang. J’écoute encore beaucoup de musique traditionnelle grecque, notamment des sons de piano et de guitare. C’est toujours en moi.

Pensez-vous chanter de nouveau en grec sur un futur disque?

J’ai écrit 15 chansons en grecque qui sont prêtes. Mais il faut être honnête avec soi-même: je dois être prête à promouvoir ce disque et que ce soit le bon moment.

Aviez-vous peur des réactions de votre public en Grèce pour cet album?

Pas vraiment. Quand je suis sur scène, je rentre dans mon monde. Plus rien n’a d’importance. Le public avait un peu peur, était un peu surpris. Mais il a respecté le fait que j’ai changé et que je suis heureuse comme ça. Mes deux premiers albums ont rencontré le succès en Grèce. C’est pourquoi j’aime la direction plus internationale qui est en train d’être prise, c’est nouveau pour moi.

Comment avez-vous réagi en découvrant le bon accueil qui vous a été réservé en France?

C’est à la fois très intéressant et un peu surnaturel. Même si j’avoue que c’était l’un de mes objectifs. J’aimerais bien enregistrer un album avec Phoenix ou Pilooski. J’ai déjà 33 chansons prêtes, soit trois albums! Mais ce n’est pas que du disco, il y a différents styles. J’ai envie de faire voyager, c’est très important pour moi de donner à voir dans ma musique.

Les chansons seraient-elles en français?

Faire un album dans votre langue serait drôle avec mon accent, car je ne parle pas si bien que ça. Mais j’ai déjà écrit trois chansons en français!

Quelles sont vos références artistiques tricolores?

J’aime la France depuis mon enfance. Mon père y a travaillé comme médecin et mon frère a vécu à Lyon. J’y ai beaucoup voyagé et c’est la première langue que j’ai apprise ! J’y puise beaucoup d’influences comme Edith Piaf, Serge Gainsbourg, Brigitte Bardot, Phoenix, Daft Punk… Ce ne sont jamais des sons analogues. Il n’y a pas cette pop comme en Angleterre mais quelque chose d’autre assez intéressant. Votre disco des années 1980 a aussi très bonne réputation, tout comme votre scène hip-hop actuelle.

En concert le 6 avril à Tourcoing, le 7 avril à Paris, le 8 avril à Laval, le 9 avril à Nantes, le 10 avril à Cognac, le 12 avril à Mulhouse, le 13 avril à Reims, le 14 avril au Printemps de Bourges et le 21 mai aux Nuits Botanique à Bruxelles.