20 ans de carrière, 10 disques, 46 ans. C’est ce qu’on appelle avoir une bonne moyenne. Constant dans sa carrière, Jay-Jay Johanson l’est aussi dans sa musique. Si ces albums se suivent, on y retrouve toujours cette patte d’artiste au charme nordique mélangeant avec élégance jazz, trip hop voire même la dance.

A l’occasion de la première édition du PØLAR Festival, le Suédois a donné son seul concert en France cette année à la Gaîté Lyrique. Pour cet événement à destination des amateurs de la culture nordique, il revient sur la place de la Scandinavie, l’arrivée d’Internet et le succès de sa carrière aux quatre coins du monde.

Vous allez donner ce soir votre unique date en France cette année, êtes-vous satisfait que ce soit dans le cadre d’un festival nordique?

Après la sortie de mon dernier album l’année dernière, j’avais plusieurs dates ici. C’est toujours un plaisir pour moi de venir à Paris. A l’origine, c’était un concert «classique» mais quand on m’a proposé de l’intégrer au festival, j’ai trouvé ça super d’en faire partie.

Que pensez-vous d’une initiative de ce type?

C’est assez intéressant. On parle beaucoup de la scène suédoise mais elle est trop petite. C’est limité alors que de prendre la Scandinavie dans son ensemble, ça fait un plus gros territoire unique.

Musique, design, enjeux sociétaux… Comprenez-vous l’engouement pour ces cultures?

La Scandinavie a toujours été un modèle social pour beaucoup. On nous parle souvent du développement de l’égalité entre les femmes et les hommes dans ces pays. Il est vrai que ce sont des sociétés avec un caractère sociétal important et primordial.

Pensez-vous qu’il est plus facile de se faire connaître dans le reste de l’Europe et du monde désormais quand on vient du Nord?

Quand j’ai commencé il y a 20 ans, j’ai signé sur une major. Ils ont passé beaucoup de temps et dépensé beaucoup d’argent pour me faire connaître à l’étranger. Mais leur pouvoir a diminué avec l’arrivée d’Internet qui permet de se faire connaître partout dans le monde. Ce réseau m’a permis de devenir connu et de jouer dans des pays dans lesquels on n’aurait pas penser que je serai écouté.

Vous avez sorti votre 10e album, Opium, l’année dernière. Quel regard portez-vous sur votre carrière?

Quand j’ai commencé, je ne pensais pas faire d’albums. Les artistes que j’aimais, comme Neil Young ou Nick Drake, n’en ont jamais sorti plus de trois ou quatre car ils se sont suicidés ou les groupes se sont séparés. Donc je ne pensais pas en faire beaucoup plus. Mes trois premiers ont été très bien reçus par la critique, notamment en France. Le quatrième a été apprécié dans des endroits différents comme les Etats-Unis et l’Asie. J’ai donc l’impression qu’il n’y en a pas un meilleur ou un pire que les autres. Au final, ils ont tous trouvé leur public.

Quel souvenir gardez-vous de votre premier concert en France?

C’était en 1997 en plein hiver. Je crois que c’était en février ou en mars à l’Européen à Paris. Il y avait pas mal de célébrités françaises mais je me souviens surtout de Françoise Hardy qui était venue me voir en loge après.