Trente-six ans de carrière. Ils sont peu nombreux les artistes avec une telle expérience à écumer les festivals de l’Hexagone. Avec dix dates de prévues, c’est une grande première pour Etienne Daho. Il y présentera son dernier album Les chansons de l’innocence retrouvée et les succès qu’on lui connaît. Après une tournée intimiste l’année dernière, il aborde ces concerts comme il l’a toujours fait: avec naturel et générosité. La preuve, la nouvelle scène française le cite en référence et il leur rend bien.

Comment préparez-vous cette série de dates?

La première tournée s’est déroulée dans des jolies petites salles de 1.500 à 2.000 personnes car je voulais me sentir plus proche du public. Je cherchais quelque chose de chaleureux et c’était génial. Je n’ai jamais été aussi heureux en tournée. Je n’aime pas les Zéniths qui sont trop froids à mon goût. Les festivals sont de grands espaces différents. Les spectateurs ne viennent pas forcément me voir et il y a les intempéries, c’est plus aléatoire. Ca sera donc une énergie complètement différente. Avant, j’étais réticent à l’idée de m’y produire mais j’en ai désormais très envie. D’autant que ce sont souvent de très beaux cadres.

Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts vis-à-vis du public?

J’ai fait mes débuts aux Trans Musicales de Rennes. Dans les années 80, c’était un peu fou. Il y avait une sorte de cavalcade, une hystérie autour de mon succès. C’était assez intéressant. Je ne m’y attendais pas, il y a eu un moment d’adaptation. Ensuite, c’était plus intimiste. Je me suis recentré, je ne savais pas si j’étais fait pour ça. Je me suis ouvert aux autres. Aujourd’hui, c’est vrai que je me sens plus à l’aise. C’est davantage fluide. J’ai aussi plus d’albums ce qui me permet d’avoir un répertoire solide même si c’est complexe de choisir.

Vous avez des préférences?

Les tubes. C’est là où je peux pousser le public. Je vois que ça défile dans leur tête. C’est assez luxueux d’avoir un tel répertoire. Cet été, ça sera comme ça! Je miserai beaucoup sur mon énergie. Et j’ai un nouveau titre que je vais intégrer au show lors de cette tournée…

Avez-vous pensé à la scène lors de l’enregistrement de votre dernier album Les chansons de l’innocence retrouvée?

Le studio représente un laboratoire, un lieu secret où je ne pense pas trop au public. Mais certains albums ont une énergie plus scénique que d’autres. Pour celui-là, il y a beaucoup de groove. Il est bouillonnant, je l’ai abordé de la même manière que les autres, comme un chapitre de ma vie. J’y parle beaucoup de liberté, d’amour, de voyages et d’ouverture. Après, c’est compliqué d’emmener un orchestre sur scène.

Vous avez salué l’émergence d’une nouvelle scène musicale française, comme Lescop, Lou Doillon ou François and the Atlas Mountains. Comment les avez-vous rencontrés ?

Ils m’ont reconnu et inversement. C’était assez spontané, ils aimaient mon travail, on a créé des liens. Je les ai invités au festival Days Off à Paris l’année dernière. C’était un moment très fort. Le public était désarçonné car il pensait que je serais seul. Mais ce concert restera symbolique. Cette reconnaissance, ça ne peut pas être mieux pour un artiste. A mes débuts, j’étais inspiré par mes amis: Serge Gainsbourg, Jane Birkin, François Hardy... Quand j’ai eu la sensation d’être accepté comme l’un des leurs, ça m’a beaucoup soulagé. Comme si on me soufflait dans le dos. C’est très important pour moi, c’était donc très naturel d’accueillir cette génération.

En concert le 4 juillet aux Eurockéennes de Belfort, le 5 juillet au festival Beauregard, le 10 juillet aux Francofolies de la Rochelle, le 11 juillet à Pause Guitare, le 12 juillet aux Déferlantes, le 21 juillet au festival de Nîmes, le 26 juillet au Paleo Festival, le 20 août au Cabaret Vert, le 21 août au Brussels Summer Festival, le 28 août à Dijon et le 29 août à Rock en Seine.