Biga Ranx pour la scène, Telly Brigante pour la production, Gabriel Piotrowski pour la vie. Le jeune chanteur a bien des noms. Mais tous sont liés par un lien intrinsèque: le rub-a-dub, un courant du reggae qui mélange riddim (basse et batterie) et toasting (style vocal). Dix ans après avoir crée son premier soundsystem avec Atili Bandalero, son frère, le Tourangeau a vendu 25.000 albums (le 3ème est sorti en mars), a fait plus de 500 concerts et regroupe plus de 10 millions de vues sur Youtube.

«J’ai eu la chance de sortir des vidéos en 2007, c’était en plein essor quand la Toile n’était pas encore saturée», explique Biga Ranx. On veut bien lui accorder cette première explication. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle il fait salle comble avec un public suffisamment hétéroclite  pour réunir des adolescentes et des anciens soixante-huitards. Pour son ami réalisateur et compositeur, Manu Digital, ce «passionné chante avec les tripes et le cœur. Les jeunes apprécient vraiment son authenticité».

«Good vibe»

Le reggae, justement, il le connaît bien. Découvert à l’âge de 5 ans, retrouvé vers 12 ans après un passage rap et hip-hop américain, deux voyages en Jamaïque, un nom de scène qui lui vient du maître de deejaying Joseph Cotton… «Le reggae n’a jamais déplu et le public aime qu’il ne soit pas trop médiatisé, il y a un côté underground», estime-t-il. Il est vrai que dans l’inconscient collectif, ce style musical se résume souvent et seulement à Bob Marley. «Biga Ranx représente un reggae moderne, il possède beaucoup d’influences différentes ce qui lui permet de revisiter ce registre», estime quant à lui Manu Digital.

Selon l’intéressé, cette musique est «très consensuelle, elle s’adresse à plein de personnes différentes ce qui créer un public intergénérationnel». Loin des sons qu’on peut entendre en ce moment, les messages véhiculés sont aussi parfois à l’opposé de certaines musiques actuelles. La preuve, ils plaisent à ses admirateurs: «Ils ressentent les ‘good vibe’ qui sont loin du délire d’égo de notre époque ou de la violence du rap par exemple, c’est simple et il n’y a aucune polémique.»

Apparence et voix

Pourtant, on n’avait pas prédit à Biga Ranx une route tracée. Son physique de gringalet et son look passe partout très peu marqué par ses influences jamaïcaines aurait pu lui fermer des portes: «On m’avait dit que ça serait dur mais j’en ai fait ma force.» L’artiste avoue sans problèmes que le public doit certainement apprécier son physique atypique pour sa musique.

«Je trouve ça ouf mon image de petit blanc qui chante comme un renoi, ça passe car c’est positif mais ça choquerait si c’était l’inverse», souligne-t-il. Cette voix si particulière, le chanteur la travaille d’arrache pied.  «C’est un acharné de travail mais c’est sur l’enregistrement de sa voix qu’il est le plus maniaque», concède Manu Digital. Et d’ajouter: « Il a quelque chose d’unique, de singulier.»

En concert le 13 juin au festival Paroles et Musiques à Saint Etienne, le 26 juin à Solidays, le 4 juillet au festival La Nuit de l’Erdre, le 11 juillet au festival Les Déferlantes, le 12 juillet au festival Terres du Son, le 31 juillet au festival du Bout du monde à Crozon et le 8 août au Reggae Sun Ska à Pessac.