Sous un soleil de plomb, Jonathan Malaisé s’affaire dans ses locaux éphémères. A quatre jours du début du Weather au bois de Vincennes, le jeune festival d’électro et de techno, c’est bien normal. Entre le bruit des machines, celui du marteau et les techniciens, c'est une véritable fourmilière qui s'active. Lui, s’occupe de la scénographie et de toutes les questions techniques liées au son et aux lumières. «Je commence par dessiner les scènes que j’envoie ensuite à un graphiste pour les modéliser», explique-t-il un peu speed.

Cette première étape lui permet ensuite d’établir les plans techniques et de passer commande auprès des ses prestataires. La société Giglam s’occupe alors de lui louer le matériel nécessaire. «Je liste ce dont j’ai besoin, je les contacte et après, il faut vérifier que tout est bien monté.» Cette année, le Weather propose une configuration avec 5 scènes et un espace «chill-out». Autant dire qu’il ne manque pas de travail. Aidé par deux assistantes, il coordonne pas moins de 100 techniciens sur place.

«Créer une atmosphère»

Pourtant, Jonathan Malaisé ne s’est pas tout de suite dirigé vers la partie technique: «J’ai fait des études de commerce et de marketing qui m’ont amené à m’occuper de la production d’une agence d’événementiel à 20 ans.» Il organise ainsi des rave aux quatre coins de la France. Il part ensuite travailler chez Magnum, un gros prestataire d’ingénieur son et lumière. «Je me suis formé pendant six ans là-bas comme chargé d’affaires puis j’ai évolué dans la technique en organisant des salons pour une marque automobile pendant deux ans et demie», se souvient-il.

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En 2012, son meilleur ami, Aurélien Dubois lui propose de rejoindre Surprize, l’agence qui a créé la Concrete puis le Weather. Il prend alors en charge le son et la lumière. «La scéno technique, c’est un vrai plaisir. Il faut que je trouve comment rendre jolie une scène avec plein de matos dessus et que je pense son ambiance.» Pour cela, il utilise beaucoup de lumière, des écrans led et de gros écrans hybrides. «Par exemple pour la scène été du festival, ça sera beaucoup de bois et de plantes alors que l’hiver ne sera composé que d’écrans car c’est de la grosse techno qui y passera.» Le but? «Créer une atmosphère pour que le public se lâche.»

Technique et créatif

Au Weather, c’est lui qui décide pour chaque scène. «Les artistes n’ont pas le choix, ça serait trop compliqué à gérer mais c’est propre à la techno», souligne Jonathan Malaisé. En amont, il va encoder, soit programmer les lumières, de manière différente pour chacun de leur passage. «Mais pour le son, ils ont tous leur propre régie. Nous, on prépare leur tables grâce à fiche technique qu’ils nous donnent avant avec ce dont ils ont besoin.» Au choix: console, platine vinyle, clavier, boite à rythme, instruments…

Les formations de scénographe technique n’existent pas, surtout en techno. «Il faut avoir une certaine sensibilité créative et bien connaître le nouveau matériel qui sort car ça évolue très vite pour la lumière et la vidéo», conseille-t-il. Lui s’inspire de la demande et regarde ce qui se fait ailleurs pour ne pas faire la même chose. Quant à la technique, «si tu as monté et démonté 50 fois des scènes, ça aide».

Infos pratiques: Weather festival, du 4 au 7 juin, Bois de Vincennes à Paris.