1.500. C’est le nombre de bénévoles au Cabaret Vert à Charleville-Mézières. Professeur de Sciences et vie de la Terre (SVT) dans un collège, Grégoire Pagnier dirige cette équipe de volontaires. «Lors de la 3ème édition en 2006, le responsable de l’époque a trouvé du travail et a dû annuler sa participation», se souvient-il. Deux mois avant le festival, les organisateurs que connaissait déjà Grégoire lui proposent de le remplacer au pied levé.

«Je n’avais jamais été bénévole auparavant, c’était assez atypique!» Cette année-là, l’événement n’en est qu’à ses débuts: «Je devais m’occuper de l’espace repos des bénévoles et de leur accueil.» Neuf ans plus tard, le festival a pris de l’ampleur. Grégoire Pagnier doit désormais s’occuper en amont de la logistique, de l’administratif et d’actions bien concrètes: gérer les pass, l’accès ou encore le repas des bénévoles.

Un apprentissage sur le tas

Pendant le festival, il faut contrôler les entrées et « s’assurer que les bénévoles respectent leur mission». «Il y a un côté un peu RH, je dois vérifier que tout se passe bien pour tout le monde», remarque-t-il. Parfois sa mission comprend quelques aléas : «Il y a ceux qui ont pris leur pass mais qui ne sont pas présents sur leur stand ou ceux qui veulent changer de stand.» Qu’on se rassure, ce genre «d’inconvénients» n’arrive que très rarement. Grégoire Pagnier n’a rencontré que quatre fois ce type de problème l’année dernière sur 1.500 bénévoles…

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«Au départ, nous étions 500 et le public était moins important aussi, constate-t-il. Cela m’a permis de développer des méthodes en même temps que le festival grandissait.» Un nombre important que gère d’abord un salarié de l’association du festival pour les inscriptions. «De la dernière semaine de juillet jusqu’au festival fin août, je prends la suite», détaille-t-il. Une disponibilité que lui permet son emploi d’enseignant à 20 kilomètres de Charleville.

Faire partie d’un projet

En plus d’être délégué aux accès des prestataires et des techniciens, Grégoire met aussi à disposition des responsables des stands un trombinoscope et les contacts de leur équipe: «Tout ce qu’il faut pour que ça se passe bien!» Ce qui lui plaît là-dedans? «Ce n’est pas un simple festival de musique, c’est plutôt une aventure humaine.» Et une démarche: «Le Cabaret Vert a été monté par une bande de copains qui voulaient montrer qu’on pouvait faire quelque chose dans cette région.»

Le responsable des bénévoles apprécie également les multiples rencontres et reconnaît une certaine fierté. «On a tous des métiers très différents dans le civil.» Et qui peuvent aider pendant le festival, comme sa pédagogie: «Quand il y a quelque chose qui ne va pas, l’habitude d’échanger et d’expliquer les règles me sert.» Par exemple lorsqu’un bénévole donne des bières à ses copains.

Pour Grégoire Pagnier, il faut donc être «un minimum organisé» pour cette fonction. Lui-même l’est devenu de plus en plus: «Quand tu passes de 500 bénévoles à 1.500, tu n’as plus le choix.» La communication et la diplomatie permettent aussi de s’adapter aux différentes situations. «Le but n’est évidemment pas de virer les bénévoles.» Et si les nuits rétrécissent et les journées s’allongent à l’approche du festival, le bénévole de 37 ans rempile chaque année pour la prochaine édition.