On vous le répète depuis quelques temps. Le développement durable s’installe dans les festivals. Preuve incontestable, Caroline Loridan en est chargée pour l’association Terres du Son qui organise le festival éponyme au domaine de Candé à côté de Tours. Depuis 2013, elle «met en place les aspects économiques, sociologiques et environnementaux du développement durable sur l’événement et au sein de l’association».

Du lycée au service civique

Originaire de Saint-Genouph (Indre-et-Loire), elle s’est intéressée dès le lycée à la problématique en passant un bac scientifique option environnement. «J’ai continué à la fac de bio avec une spécialisation en géologie et environnement avant de faire un DUT génie biologie de l’environnement à Tours», se souvient-elle. Elle a terminé ensuite sa formation avec une licence professionnelle médiation scientifique et éducation à l’environnement.

«J’étais très investie dans des projets culturels comme bénévole dans des festivals comme celui du vent à Calvi ou le Rock dans tous ses états à Evreux», ajoute Caroline. Mélomane, elle pratique le piano, la flûte traversière et chante dans un groupe de rock. «Avec un pied dans le milieu de la musique à Tours, je voulais allier mon savoir-faire et mes connaissances.» Elle a d’abord commencé par être éducatrice à l’environnement grâce à des animations dans les écoles.

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«Mes débuts à Terres du Son remontent à 2011 lors d’un service civique.» Depuis, la jeune femme y est salariée en CDI à temps plein. Concrètement, son travail va du choix de l’imprimeur labellisé vert et localisé en France à la mise en place de toilettes sèches, de gobelets réutilisables et d’ampoule basse consommation, en passant par la formation au tri des déchets, la distribution de cendriers de poche, la limitation des éclairages ou encore l’utilisation de voiturettes électriques.

Deux missions en une

Sans oublier l’accessibilité aux personnes handicapées, la mise en place d’une signalétique pour les personnes sourdes et malentendantes ou encore une restauration avec des produits de saison de l’agriculture raisonnée ou bio de la région. Terres du Son organise également des tables rondes autour de l’énergie solaire, l’alimentation bio et le réchauffement climatique et des conférences sur l’économie sociale et solidaire.

«Il faut réfléchir à plusieurs choses: avec qui on va travailler, pourquoi et de quelle manière on le fait», détaille-t-elle. Si le festival représente la partie opérationnelle de sa mission, l’association fait la part belle à la réflexion, la formation des autres employés, le développement de son réseau, la veille sur les innovations et les recherches de partenaires. «J’y crois dur comme fer et ça ne se résume pas qu’au tri des déchets.»

Pour Caroline Loridan, la partie ingénierie est tout aussi importante: «Il y a un bureau d’études pour éviter le greenwahsing et donner du sens au projet.» Ce dernier s’étale sur le long terme mais ce n’est pas plus facile pour autant. «Il faut attendre que les mœurs, la technologie et le budget évoluent. On cherche aussi des outils qui n’existent pas encore.» Et malgré le statut d’association, il faut quand même des résultats. «Mais c’est un milieu rapide, hyper intéressant, complet et transversal. » Et la jeune femme de 27 ans d’ajouter: «On n’a pas la prétention de vouloir sauver la planète, mais de tendre vers un ensemble complet avec des perspectives.

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Un job d’actualités

D’autres festivals ont entamé cette démarche. C’est notamment le cas du Cabaret Vert avec qui Caroline échange. «Nous avons une plateforme qui nous sert de point de relais entre nous.» Que nécessite alors ce métier? «Défendre les valeurs du développement durable et de l’économie sociale et solidaire, les comprendre et les porter sans être pessimiste ou moralisateur.» Pour la chargée de mission, il ne s’agit pas d’obtenir absolument un bac environnement  mais d’avoir des connaissances techniques.

«Il faut aussi être patient, téméraire, bien organisé et force de proposition, ajoute-t-elle. Et il ne faut pas avoir peur de se prendre des grosses claques.» Job chronophage, il est nécessaire d’expliquer à tous ceux avec qui on travaille le développement durable. «Ce n’est pas du bénévolat ou un stage, c’est un emploi à plein temps.» Il n’est donc pas toujours facile au départ de se sentir légitime même s’il y a de plus en plus d’intéressés: «ça fait moins peur à notre époque». Et c’est tant mieux.