Téléphones. Portefeuilles. Clés. Papiers. Voici le top quatre des objets perdus dans les festivals de France et de Navarre. Pendant et après les festivités, des milliers d’objets ayant égaré leurs propriétaires sont retrouvés sur les immenses sites chaque saison. Au festival Panoramas, qui s’est tenu à Morlaix en avril dernier, «on a retrouvé 400 pièces! Parfois, on se demande comme font les gens pour perdre autant de choses», raconte Camille Thomas, responsable de la communication de la manifestation.

Un système bien rodé

Deux textes de loi existent à propos des objets trouvés: une ordonnance royale datant du 23 mai 1830 et la loi impulsée par Charles Pasqua le 21 janvier 1995 qui rappellent que tous les objets perdus doivent être stockés dans un endroit dédié. Néanmoins, il n’existe pas de réelle législation nationale sur le sujet. Aussi les festivals se débrouillent par leurs propres moyens pour essayer de rendre service à leurs participants. Certains, comme les Solidays, les Eurockéennes, les Transmusicales, Rock en Seine, Papillons de Nuit et Panoramas se sont tournés vers un spécialiste: France objets trouvés.

«Nous sommes un logiciel pour les professionnels, mais aussi une plateforme collaborative où le public peut déposer une annonce d’objet perdu ou trouvé. Ces deux logiques se complètent», explique Arnaud Adam, fondateur de la société. Très pragmatique, leur outil relègue les tableaux Excel et autres cahiers aux oubliettes. Le confort de travail et d’organisation procuré soulage les organisateurs des festivals. «Les gens qui perdent sont souvent passionnels, les standards sont pris d’assaut», remarque Arnaud Adam. Et ce n’est pas Camille Thomas qui dira le contraire: «sur place, il y a un stand qui permet aux gens de retrouver des effets personnels. Mais ensuite, le téléphone sonnait vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant quinze jours, c’était horrible avant ce système!»

Grace à la plateforme, on poste son annonce d’objet perdu et la base de données informe si elle a  des objets qui correspondent potentiellement à la description. Si tel est le cas, les coordonnées du service en charge sont transmises. «Nous ne mettons pas de catalogue à disposition, il ne s’agit pas de faire son shopping», indique le fondateur de France objets trouvés, très à cheval sur la sécurité des biens.

Des requêtes étonnantes

«J’étais très étonné, mais on nous a déjà restitué des iPhone… Les propriétaires sont super contents quand ils les retrouvent bien sûr, mais parfois il s’agit d’une chaussure. C’est assez rigolo de voir la joie que ça leur procure», s’amuse Camille Thomas. Il s’agit là de cas banals mais sur France objets trouvés, Arnaud Adam a parfois affaire à des demandes insolites: «Certains nous écrivent ‘’j’ai perdu mon shit’’, techniquement c’est illégal (rires)! On a aussi d’autres surprises. Ce week-end aux Eurockéennes, quelqu’un a perdu un urinoir pour femme en plastique kaki foncé, neuf, d’une valeur de 15 euros, entre la maison de l’environnement, les toilettes et le stand de mojitos!»

En 2014, Rock en Seine a même attribué une palme à l’objet trouvé le plus dingue: un sécateur! Perdu entre les casques de motos, les vestes, les lunettes et les doudous qui peuplaient les caisses d’objets trouvés de l’événement. Au festival Panoramas, on comptait 650 effets personnels demandés pour 400 pièces trouvées en avril dernier. Parmi elles, les affaires d’Alex: «Un très grand merci pour le service rendu. J'avais perdu mes clés de voiture et mon portefeuille, le tout me revenait à 600 euros de frais. Le site m'a permis de tout retrouver rapidement», a-t-il écrit sur la plateforme d’avis Trustpilot. Un soulagement qui n’a pas de prix! Sachez néanmoins que selon les politiques locales, après un certains laps de temps ce sont les mairies, gendarmeries ou tout autre établissement public qui sont chargés de récupérer les objets trouvés.