FOCUS – Panda Events est l’un des plus gros organisateurs de festivals du sud de la France. Des très belles Plages Électroniques de Cannes aux nouvelles Dunes en Tunisie, retour sur une association de passions.

Dans la famille Panda Events, il y a d’abord les Plages Électroniques. On compte ensuite le festival Martizik à Sainte-Anne, le Crossover à Nice ou encore les Pistes Électroniques à Isola 2000. Plus récents, les derniers nés sont les Dunes Électroniques à Nefta en Tunisie, le Hi Beach Party à Nice, le Puget Live Festival ou encore le Miami Nice Jazz Festival. Depuis 10 ans, cette famille ne cesse de s’agrandir. « Nous avons eu un tel développement grâce à des rencontres avec les bons interlocuteurs », explique Gaby de Villoutreys.

La directrice artistique de Panda Events s’occupait du lancement des Plages en 2006 alors que Benoit Géli avait créé deux ans auparavant Panda 06  Productions. Ils cofondent ce qui deviendra plus tard Panda Events. Pour la programmatrice, l’optique était de «proposer quelque chose de différent dans une région sinistrée en événements culturels».

Un spot rêvé

En 2013, Panda Events a vendu pas moins de 80.000 tickets tous événements confondus. «Nous n’avons pas à rougir de Marseille», estime Gaby de Villoutreys. Tout commence quand le maire adjoint de la ville de Cannes les contacte: «Il voulait rajeunir la ville et nous avons pensé à la plage principale.» Ainsi naissent les Plages Électroniques. Pour Yan Degorce-Dumas, responsable de la communication de Panda Events, ce premier festival «y est pour beaucoup dans le succès et le développement».

Les débuts ne sont pas toujours faciles, les chiffres réalisés au bar sont, au départ, la seule source de revenus. «Nous avons pris des risques», juge Gaby de Villoutreys. Cette bande d’amis est pourtant autodidacte. Yan Degorce-Dumas se souvient: «Nous n’avions pas fait de longues études dans l’événementiel, nous avions la passion et le goût de l’aventure humaine.» Après une première année à moins de 1.000 spectateurs, les Plages réunissent désormais 50.000 personnes.

Une raison pour chaque événement

La ville de Cannes bénéficie aussi d’une certaine visibilité internationale. «C’est très connu à l’étranger», ajoute Yan Degorce-Dumas. Sans oublier, les prix qui étaient tout à fait raisonnables: 5€ pour cinq soirées. Pour Gaby de Villoutreys, «la musique doit être accessible». La démocratisation des musiques électroniques arrive aussi à point nommé. «C’était le moment où elles faisaient polémique à cause des rave, alors qu’elles sont devenues hyper populaires», rappelle Yan Degorce-Dumas.

Une fois lancées, les Plages Electroniques permettent à Panda Events de réinvestir dans d’autres événements : les Pistes dans la station Isola 2000, Crossover qui allie musiques actuelles, arts plastiques et cinéma à Nice ou encore Martizik. Ce festival sur la plus belle plage de Sainte-Anne en Martinique a été crée à l’issue d’une autre rencontre. «Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer à l’époque, souhaitait dynamiser l’île à la suite des grèves en 2009», se souvient la directrice artistique. «Les projets ont été créés où il y en avait besoin et à chaque fois pour une raison bien particulière», ajoute Yan Degorce-Dumas.

Partager avant tout

En Martinique, l’équipe s’unit alors à une association locale. «Nous avons adapté les musiques électroniques avec le meilleur des musiques caribéennes», détaille Gaby de Villoutreys. Et Yan Degorce-Dumas de préciser: «Nous collaborons toujours avec des structures locales.» Collaborer semble être la marque de fabrique de Panda Events. L’association Electro West Indies pour Martizik, les prochaines Pistes Electroniques seront avec le Snowboard Garden Festival, les Dunes avec Hi Hotel… Pour la programmatrice, «il s’agit de surfer sur les vagues avec les personnes qui nous plaisent».

Pour assurer la multiplication de ses événements, l’équipe compte dorénavant une vingtaine de personnes. Pandas Events ne fait pas de bénéfices à l’heure actuelle malgré un développement apparent. «Nous espérons viabiliser l’activité ce qui permettra d’être un peu plus serein», espère Yan Degorce-Dumas. Panda Events est restée sous son format d’origine, une association. «Nous employons des contrats aidés pour former et développer d’autres manifestations culturelles, c’est notre parti pris et non celui du business», complète Gaby de Villoutreys.

Constance Daulon